281 - Mars 2008

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Journée Pastorale de l’Assemblée plénière 2007
de la Conférence des évêques catholiques du Canada
Nouvelle Évangélisation :
nouveaux défis pour la Mission de l’Église au Canada


Mgr Claude Champagne, o.m.i.
évêque auxiliaire à Halifax


Avant d’aborder le thème de la Nouvelle Évangélisation comme tel, il me semble important de tenir compte de deux éléments essentiels : notre conscience ecclésiale plus vive de la présence universelle de l’Esprit du Ressuscité dans notre monde et la réalité du Règne de Dieu au cœur de la mission de Jésus et celle de ses disciples. La conviction profonde de l’Église d’aujourd’hui sur le caractère universel de l’action de l’Esprit a un impact majeur sur notre façon de vivre notre mission d’évangélisation. Jean-Paul II qualifie d’ailleurs l’Esprit-Saint de « protagoniste de la mission ».[1]

1. L’Esprit, protagoniste de la mission


Lorsque les Pères du Concile Vatican II ont décidé de porter un regard de foi sur le monde, ils ont cherché à discerner les « signes des temps », l’œuvre de l’Esprit dans le monde, pour ensuite se mettre à l’œuvre avec Lui. La constitution pastorale “Gaudium et Spes” (GS) est d’ailleurs un fruit de cette démarche.

Pour ceux d’entre nous qui sont familiers avec l’Action Catholique, on peut reconnaître la démarche du Voir-Juger-Agir : voir la réalité de notre monde, de notre société, y porter un jugement à la lumière de l’Évangile, de la foi, et se mettre à l’œuvre pour répondre à l’appel du Seigneur.

On pourrait de là parler d’une nouvelle méthode en théologie. Jusque là, on réfléchissait sur les questions de la foi d’une manière déductive…. Qu’on pense alors à l’approche plus traditionnelle, plus dogmatique qui a marqué la théologie pendant des siècles. Donc, une théologie élaborée à partir du Denzinger, ce recueil des déclarations dogmatiques de l’Église[2]. Les énoncés dogmatiques au cours des âges servaient de point de départ de la réflexion théologique, appuyés par quelques textes bibliques, parfois pris hors contexte. On en déduisait des éléments pour la réflexion et la vie ecclésiale du moment.

Avec le renouveau biblique des années qui ont précédé Vatican II, cette méthode déductive a été quelque peu modifiée… Le point de départ de la théologie devenait les Saintes Écritures, suivies de l’apport des Pères de l’Église, des grands théologiens du Moyen-âge, ceux des temps modernes et contemporains. De là, les théologiens en arrivaient à des réflexions pour éclairer la vie de l’Église de leur temps.

Avec “Gaudium et Spes”, les Pères du Concile ont ouvert la porte à une théologie plus inductive, à partir du contexte, de la situation qui nous entoure. Certes, cette nouvelle méthode ne peut prétendre à l’exclusivité. Elle ne peut se passer de la méthode déductive. Comment en effet pourrions-nous reconnaître l’action de l’Esprit du Ressuscité dans notre monde d’aujourd’hui sans savoir comment il a procédé jusqu’ici dans l’histoire du salut? La théologie actuelle suppose un dialogue fécond entre les deux méthodes, déductive et inductive : se laisser interpeller par les questions du monde d’aujourd’hui et trouver éclairage dans l’Évangile de toujours.

C’est ainsi que l’Église a pris conscience de l’action universelle de l’Esprit du Ressuscité. Si déjà GS affirmait que toute personne humaine était mystérieusement rejointe par le mystère pascal du Christ[3], le pape Jean-Paul II précisait dans son encyclique “Dominum et Vivificantem” que l’Esprit est à l’œuvre toujours et partout, même avant l’économie chrétienne[4].

Et comme nous sommes des êtres sociaux, on peut déduire que l’Esprit n’est pas à l’œuvre seulement dans les individus mais bien dans les groupes que nous formons. C’est ainsi que le pape Jean-Paul II reconnaît l’action de l’Esprit dans l’histoire et les sociétés, dans les cultures et les différentes religions[5]. Après la rencontre prophétique d’Assise en 1986 pour la prière pour la paix, le pape affirmait également que toute prière authentique, peu importe qui la fait, est inspirée par l’Esprit du Ressuscité[6].

Ces nouveaux éléments nous conduisent à voir la vie missionnaire comme incluant une dimension de vie contemplative, contemplation de la présence et de l’action de l’Esprit du Ressuscité chez tous ceux et celles à qui nous sommes envoyés proclamer la Bonne Nouvelle, croyants et incroyants, personnes de nos générations et membres des nouvelles générations. Cette action de l’Esprit vient faire comprendre que la mission aujourd’hui n’est pas à sens unique; elle est plutôt à la fois un donner et un recevoir, car chacun des partenaires peut apporter de sa richesse, de son expérience de l’Esprit à l’autre, impliqué dans le dialogue.

C’est donc dire qu’avant de parler de la mission que nous avons reçue comme Église, il faut affirmer que la première mission, la plus importante dans notre monde d’aujourd’hui, est d’abord celle de l’Esprit du Ressuscité, déjà à l’œuvre, qui nous précède dans le monde. C’est dire que nous n’allons pas à la conquête du monde pour y porter Dieu. Nous ne le rendons pas présent dans notre monde: il y est déjà bien avant notre arrivée. Nous ne sommes pas les ambassadeurs du Christ ressuscité et de son Esprit mais nous rendons visibles sa présence et son action. L’important, c’est de le reconnaître, de l’accueillir et de collaborer avec Lui, qui prépare les humains en chemin vers la plénitude du Règne de Dieu, déjà inauguré dans le mystère pascal du Christ.

2. Le Royaume de Dieu


L’autre élément important pour notre vision de la « nouvelle évangélisation », c’est le rôle central qu’occupe le Règne de Dieu, proclamé et inauguré par Jésus dans son mystère pascal… On a compris dans les dernières décennies comment la proclamation et l’inauguration du Règne de Dieu est le but de la mission de Jésus, plutôt que l’Église dont il a parlé à l’occasion. La mission ne peut plus être ecclésiocentrique comme elle le fut jusqu’à Vatican II. Non, l’Église se comprend aujourd’hui comme au service du Règne de Dieu. Jean-Paul II a reconnu cette évolution dans son encyclique missionnaire[7].

Certes, Jésus n’a jamais donné de définition de ce Règne mais il rend présent le Royaume : ce qu’il a été, ce qu’il a fait et ce qu’il a dit nous permettent de cerner ce qu’il entendait par le Règne de Dieu[8].

Parmi les éléments importants à mentionner :

1. L’accueil et la réintégration de tous les marginalisés de sa société : pauvres, pécheurs, publicains, samaritains, étrangers, femmes. À chacun, Jésus offre de trouver sa place dans la communauté.

2. La vie de prière de Jésus qui nous révèle un Dieu de miséricorde et d’amour, un Dieu qui n’a pas oublié les humains mais les appelle à entrer en communion avec Lui.

3. L’attitude de Jésus devant la Loi juive est également importante : si Jésus est un fidèle observant de la Loi, pour Lui, elle n’est pas un absolu. Le seul absolu, c’est ce Dieu qui est Amour, miséricorde et pardon.

4. Dans sa prédication, on ne trouve pas tellement l’annonce d’un châtiment, d’un jugement et d’une rétribution mais bien plutôt un message de pardon et la miséricorde.

5. Les guérisons et les exorcismes accomplis par Jésus sont présentés comme signes de la présence du Règne de Dieu parmi nous et nous aide à saisir que le Règne de Dieu touche la personne humaine dans toutes ses dimensions, spirituelle, psychique et corporelle… On ne peut plus parler que du salut de l’âme…

6. Jésus vient également changer le type de rapports qui se vivent entre membres de la communauté. Il ne s’agit plus de dominants et de dominés mais de frères et sœurs, prêts à se mettre au service des autres, prêts à donner leur vie pour que les autres vivent.

7. Jésus, homme libre, nous invite à faire l’expérience de la liberté intérieure[9].

Ce sont tous ces éléments qui, ensemble, nous aident à comprendre la richesse du Règne de Dieu inauguré par Jésus. C’est dire que Jésus vient lutter contre toutes les formes du mal qui sont obstacles à une vie humaine pleine, telle que Dieu la veut pour ses enfants.

C’est Lui qui inaugure ce Règne dans son mystère de mort-résurrection et qui, après sa résurrection, poursuit cette mission d’instaurer le Règne de Dieu et de préparer l’humanité à la plénitude du Règne de Dieu offerte par le Père à la fin des temps.

3. La « nouvelle évangélisation »


Dans son encyclique missionnaire, le pape Jean-Paul II souligne que nous faisons face à trois différentes situations pastorales et missionnaires :

1. La mission ad gentes pour ces gens qui n’ont pas encore connu le Christ et son Évangile. On peut penser chez nous à toutes ces personnes, sans religion ou appartenant à d’autres traditions religieuses. L’immigration récente a augmenté de façon notable le nombre de personnes répondant à cette définition.

2. Les communautés chrétiennes où s’exerce l’activité pastorale de l’Église. Nous reparlerons de ces groupes en parlant des nouveaux agents de la « nouvelle évangélisation ».

3. Des baptisés qui ont perdu le sens de la foi vivante et qui vont jusqu’à ne plus se considérer comme membres de l’Église, menant une vie éloignée du Christ et de son Évangile[10]. Le pape ajoute qu’on ne peut créer des barrières ou compartimentation rigide entre ces différents groupes.

C’est dans ce contexte que nous abordons la question de la « nouvelle évangélisation », nouvelle par ses agents, par ses méthodes, par son ardeur[11]. La « nouvelle évangélisation »n’est pas nouvelle parce qu’on annoncerait un autre Évangile que celui que nous proclamons depuis la Pentecôte, un autre Christ, même si la théologie actuelle nous offre une compréhension un peu différente de celle qui a animé l’effort missionnaire dans notre passé[12].

a. « Nouvelle »par ses méthodes


Nouvelle par ses méthodes : bien sûr, nous comprenons aujourd’hui notre mission à la lumière de ce Règne de Dieu inauguré par Jésus. La réalité de « sacrement »déjà utilisé par Lumen Gentium[13] pour parler de l’Église, sacrement universel du salut, vient nous aider dans notre réflexion.

Le sacrement comprend les valeurs de « signe »et d’ « instrument[14] »… Nous préférons aujourd’hui utiliser les concepts de « symbole »et d’ « artisan »pour désigner des personnes, membres de l’Église, « symboles »et « artisans »du Règne de Dieu, inauguré par Jésus. Les évangélisateurs sont envoyés pour être des « symboles »de ce Dieu qui vient en Jésus-Christ, en rendant visible ce qu’Il est en train de faire dans notre monde. Nous sommes donc renvoyés à toutes les valeurs du Règne de Dieu déjà trouvés dans la mission même de Jésus : le dialogue, la promotion humaine, l’engagement pour la justice et la paix, l’éducation et le soin des malades, l’assistance aux pauvres et aux petits, la liberté, le pardon, l’amour, le respect des autres, avec l’affirmation du primat de la transcendance et de la spiritualité[15].

En autant que nous sommes témoins de cet amour inconditionnel, gratuit, de Dieu révélé en Jésus-Christ, nous devenons « symboles », nous rendons visible cet Esprit du Ressuscité à l’œuvre dans notre monde. Et lorsque nous faisons la promotion des valeurs du Règne de Dieu présentes chez tant de nos frères et nos sœurs, nous devenons des artisans de ce Règne. Cet amour gratuit implique le service du Règne de Dieu à l’œuvre dans le cœur de chaque personne.

i. « Aller vers… »

Dans notre monde actuel, comment être à la fois « symbole »et « artisan »de ce Règne?

Il faut d’abord franchir les distances psychologiques et sociologiques qui nous séparent de ceux et celles à qui nous sommes envoyés, conscients que ce passage est un défi, une mort à des choses qui nous sont familières en Église pour nous ouvrir à un monde nouveau, des réalités nouvelles.

Lorsque l’Esprit a poussé les disciples à aller vers un nouveau monde, une mort a toujours été impliquée. C’est ce qu’on appelle « aller vers l’autre », « se rendre présent à l’autre », pour lui manifester cet amour de Dieu, en l’aimant inconditionnellement, gratuitement, sans chercher à le récupérer pour notre propre intérêt collectif, pour faire grandir le nombre de fidèles dans notre Église.

Ces conversions de l’Église ont commencé dès les premières années de l’évangélisation. L’Esprit pousse Pierre à aller rencontrer le centurion Corneille[16]. Dans cette importante rencontre, Corneille accueille la Bonne Nouvelle, tandis que Pierre en vient à mieux comprendre qu’il n’est pas qu’un circoncis, séparé des incirconcis que sont les membres de la famille de Corneille, mais il est d’abord une personne humaine comme toutes celles qu’il trouve devant lui. De plus, cette expérience de rencontre lui fait mieux comprendre que Dieu ne fait pas exception des personnes et qu’il veut le salut de tous. L’Église de Jérusalem en est bousculée : il lui faut passer de la perspective juive à la perspective universelle. Il lui est nécessaire de perdre une identité judéo-chrétienne récemment acquise pour s’ouvrir à une réalité nouvelle. Ce qui arrive à l’Église missionnaire, c’est un peu comme ce jeune couple qui accueille un premier enfant : une dimension de la vie à deux doit alors mourir pour faire place à une vie à trois.

Quelques siècles plus tard, l’Église romaine a dû mourir à son identité pour accueillir les Barbares. Aujourd’hui, l’Église centrée sur l’Europe et l’Amérique du Nord est en train de mourir à cette réalité occidentale pour faire place à une Église universelle où les continents du Sud font de plus en plus sentir leur présence dans la vie ecclésiale.

Aujourd’hui encore, l’Église est poussée par l’Esprit à aller vers ce monde post-moderne qui entraînera sûrement une mort à une certaine façon d’être Église, à une certaine identité. Une Église missionnaire ne doit pas nourrir une nostalgie par rapport au passé. Notre monde, aimé de Dieu, a ses forces et ses faiblesses comme les mondes d’autrefois.

Il fait face à des défis nouveaux : la justice et la paix, le développement durable et la sauvegarde de l’environnement, la rencontre des religions, les questions de sens et la qualité de la vie. Comme nous y invite le pape Benoît XVI dans sa première encyclique, nous devons jeter un regard d’amour sur ce monde. Comme Église, nous devons mourir à ce qui est vieux en nous pour développer une présence aimante et respectueuse envers les gens à qui nous sommes envoyés.

Au cours des années qui ont suivi Vatican II, l’Église missionnaire a mieux compris comment elle est appelée à se mettre au service du Règne de Dieu : en proclamant la Bonne Nouvelle et en formant de nouvelles communautés chrétiennes, mais également en répandant les valeurs évangéliques qui sont l’expression du Règne de Dieu. Enfin, l’Église est au service du Règne de Dieu en intercédant pour le monde[17].

Se rendre présent implique donc de chercher à découvrir l’autre, à le connaître dans ce qu’il est, dans sa culture, dans sa mentalité, dans sa recherche d’une vie humaine pleine, d’un sens profond à la vie. On est invité à accueillir les questions que portent nos contemporains[18]. Ainsi, en allant vers les jeunes, on s’approche en s’intéressant à eux, à ce qui fait leur vie, leurs joies et leurs peines, leurs rêves et leurs désespoirs, mais également leurs engagements, leurs amours, leurs amitiés, leurs questions et leurs angoisses. Il faut donc reconnaître ceux et celles à qui nous nous adressons. Actuellement, dans nos milieux, certains groupes souffrent de se sentir invisibles dans l’Église : les femmes, les minorités ethniques, les pauvres, les homosexuels; ils peuvent exprimer du ressentiment face à l’Église. Ils ont besoin d’un regard d’amour dont ils ont tellement envie[19].

Parfois, cette présence sera la seule forme d’évangélisation possible. Certains de nos contemporains ont développé une allergie devant tous les prédicateurs et toutes les formes de prédication. C’est la ligne du bienheureux Charles de Foucauld, suivi par les Petits Frères et les Petites Sœurs de Jésus d’aujourd’hui : témoins silencieux de l’amour divin.

Notre monde demeure pourtant sensible à l’attention portée aux personnes et à la charité envers les pauvres, les petits, les personnes qui souffrent. Pensons à l’impact de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, à celui de Jean Vanier sur nos contemporains.

ii. Entrer en dialogue

L’évangélisation se fait maintenant sous la forme du dialogue. Paul VI a voulu faire de l’Église une Église du dialogue avec nos frères et sœurs chrétiens, avec les membres des autres traditions religieuses et, enfin, avec ceux et celles qui se disent agnostiques ou athées[20].

Pour chacun d’entre nous, cela signifie la fin d’un monologue où nous avons pu avoir l’exclusivité de la parole. Cela suppose également que l’évangélisateur sache vraiment écouter l’autre, non pour le confronter et le convaincre rationnellement du bien fondé de notre point de vue – nous l’avons tenté sans succès pendant des siècles - mais plutôt dans l’esprit d’être prêt à reconnaître que l’autre a quelque vérité à partager, quelque bonté à offrir, vérité et bonté, fruits de l’action de l’Esprit du Ressuscité. Il est important d’aller rencontrer les jeunes avec les valeurs fondamentales qui marquent aujourd’hui leur vie : la recherche du bonheur, de la liberté, de l’authenticité. Il est important d’accepter ces valeurs tout en les considérant d’un œil critique.

Cela signifie qu’on est ouvert à apprendre de l’autre[21]. Il n’est pas exclu que certains de nos partenaires dans le dialogue soient plus sous l’action de l’Esprit que nous-mêmes, disciples engagés à la suite du Christ ressuscité. L’important, c’est que, de part et d’autre, on cherche à se rapprocher de ce que Dieu, tel que nous l’expérimentons, attend de nous. S’ouvrir à la vérité et à la bonté de l’autre peut ouvrir le cœur de l’autre à reconnaître la vérité et la bonté dont nous voulons témoigner.

Le dialogue avec nos frères et sœurs de différents horizons est une méthode et un moyen en vue d’une connaissance et d’un enrichissement réciproque. Les dernières décennies nous ont permis de mieux comprendre que cette activité dialogale ne s’oppose pas à la mission. Au contraire, le dialogue est lié à la mission et en est même une expression[22]. Si on se met ensemble à l’écoute de l’Esprit du Ressuscité qui parle, on est déjà engagé dans l’œuvre d’évangélisation. Ainsi, nous nous disposons à accueillir plus intensément ce Dieu qui parle et qui nous rejoint.

Le dialogue est demandé par le profond respect qu’on doit avoir envers tout ce que l’Esprit est en train d’opérer dans la personne humaine. Ainsi, nous découvrons ces « semences du Verbe », ces rayons de vérité qui illuminent tous les humains. Ces semences et ces rayons qu’on peut trouver dans les individus et dans les différentes communautés culturelles et religieuses de même que dans l’expérience humaine accumulée.

Le dialogue auquel l’Esprit du Christ nous invite est fondé sur la foi, l’espérance et la charité. Il est animé par ce désir de découvrir et de reconnaître les signes de la présence du Christ ressuscité et de l’action de l’Esprit. Mais le dialogue nous permet également d’approfondir notre propre identité de disciples de Jésus dans la communauté catholique et de témoigner de l’intégrité de la Révélation. L’expérience du dialogue dans les dernières décennies nous a renvoyés à notre foi avec de nouvelles questions et nous a permis de mieux comprendre certains aspects du Mystère chrétien.

Ce dialogue suppose qu’on demeure cohérent avec ses propres traditions et ses convictions religieuses. L’important est de bien former les baptisés appelés à vivre dans ce nouveau contexte de pluralisme religieux. Il nous faut être ouverts aux convictions des autres pour bien les comprendre, sans dissimulation ou fermeture. Le dialogue doit se développer dans la vérité, la loyauté, l’humilité.

Dans le dialogue, on ne peut relativiser ce que nos partenaires dans le dialogue considèrent comme absolu. Il nous faut reconnaître la vérité et la bonté qu’on trouve chez les autres. On ne peut affirmer la vérité et la bonté de notre foi en dénigrant celle des autres. Le dialogue nous invite également à ne pas absolutiser ce qui est relatif dans notre propre foi. Nous sommes également invités à respecter la « hiérarchie des vérités[23] »dans la foi dont nous voulons rendre compte. Le dialogue que nous sommes invités à vivre se développe selon des formes et des expressions multiples[24].

L’Église s’est mise au dialogue, il y a maintenant plus de quarante ans. Tous ses efforts n’ont pas été couronnés de succès. Mais l’Esprit invite à poursuivre dans cette direction : tout un mur de méfiance construit au cours des siècles demande à être abattu. L’Église est convaincue qu’elle est entrée en dialogue avec le monde sous l’inspiration de l’Esprit. C’est parfois la seule forme d’évangélisation possible. Condamnés à vivre ensemble sur cette planète, le dialogue demeure essentiel. C’est sûrement un des chemins vers le Règne de Dieu inauguré par Jésus, même si les fruits viennent à l’heure où Dieu le veut bien.

Il est important de se rappeler que l’agent de la conversion des personnes est bien l’Esprit Saint, et non pas l’évangélisateur. Nous ne sommes que d’humbles collaborateurs qui tentent d’enlever les obstacles à l’action présente de l’Esprit.

iii. S’engager pour la justice

Une autre manière pour nous d’être « symbole »et « artisan »du Règne de Dieu, c’est tout l’engagement pour la justice, pour la transformation du monde selon le projet de Dieu. Dès 1971, les participants au Synode romain affirmaient que « le combat pour la justice est une dimension constitutive de notre mission d’annoncer la Bonne Nouvelle ». On peut penser ici à tout le domaine de l’enseignement social de l’Église, bien synthétisé dans le « Compendium »publié récemment par le Vatican[25]. Trente-cinq ans après la tenue de ce synode sur la justice dans le monde, cette dimension de l’Évangile demeure encore souvent le « secret le mieux gardé »dans l’Église. Parmi nos gens les plus engagés en Église, plusieurs n’arrivent pas encore à faire le lien entre le Seigneur Ressuscité, l’Évangile et cet engagement pour la justice.
Le pape Jean-Paul II, dans son exhortation post-synodale sur la vocation et la mission des laïcs, Christifideles Laici, fait écho à tous les domaines où les disciples de Jésus peuvent s’engager pour servir les personnes et la communauté, témoignant ainsi de la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu[26].

iv. Partager la Bonne Nouvelle

Lorsque les cœurs s’ouvrent à accueillir la Bonne Nouvelle, il est possible d’annoncer l’Évangile en paroles, invitant à la conversion et à la foi. Le Dieu qui se révèle en Jésus est un Dieu de la communication en vue de la communion. Puisque Dieu communique avec nous, nous sommes invités à communiquer les uns avec les autres. « Malheur à moi si je n’évangélise pas», affirmait l’apôtre Paul. L’Évangile à proclamer est un message de bonheur, pas seulement pour l’avenir, mais il touche le présent. Notre annonce porte sur une réalité en train de se produire sous nos yeux : ce Règne de Dieu, inauguré par Jésus.

Pour la « nouvelle évangélisation », il faut pourtant tenir compte d’une première annonce déjà faite dans le passé. Dans nos milieux autrefois catéchisés, nos frères et sœurs d’aujourd’hui croient bien connaître le message que nous offrons – ils l’ont entendu depuis leur enfance – et ils ne croient pas nécessairement qu’il s’agit d’une Bonne Nouvelle. Pour certains, malheureusement, notre message se limite à des défenses, des preions surtout de nature sexuelle. Notre défi est de montrer que la Nouvelle que nous portons est Bonne pour vivre libres et heureux. Sous l’action de l’Esprit, il faut savoir discerner lorsque les cœurs sont à nouveau ouverts pour accueillir notre message.

Il faudra se rappeler que pour notre monde, on a beaucoup plus besoin de témoins que de maîtres, d’expérience que de doctrine, de vie et de faits plutôt que de théorie. Il ne s’agit pas tellement de récupérer les personnes pour faire grandir l’Église mais bien de les aider à se mettre en marche vers la plénitude du Règne de Dieu[27].

Si un auditeur est touché par notre témoignage, il faut bien garder en tête que c’est l’Esprit de Dieu et non l’évangélisateur qui est l’acteur de cette conversion. L’évangélisateur collabore mais ne peut s’attribuer la conversion des personnes.

Dans cette annonce de l’Évangile, il faut noter l’importance des média. Il s’agit de témoigner de ce qui nous habite et nous fait vivre. Ce n’est pas qu’une question de technique mais il est nécessaire de consulter les professionnels des média, car il nous faut lutter contre l’image qui est faite de nous dans les nouveaux moyens de communication. Notre Église apparaît souvent plus dogmatique que vivifiante, plus contraignante que libérante, plus soucieuse d’orthodoxie que servante de l’Évangile. Il ne s’agit pas bien sûr d’atténuer la vigueur du message mais bien de se centrer sur ce qu’il y a de plus pertinent, du plus vital, de plus dynamisant pour ceux et celles à qui nous nous adressons.

v. dans un langage significatif pour les gens d’aujourd’hui

Notons également le défi que représente la tâche de l’ « inculturation », c’est-à-dire de tenir compte de la culture des personnes à qui le message est adressé. C’est une condition requise pour que notre message soit compris et reçu[28].

Ceux et celles qui accueilleront la Bonne Nouvelle et deviendront disciples de Jésus apporteront leur réponse à partir de ce qu’ils sont, de la culture qui est la leur et ils reformuleront le message dans le langage qui leur est propre.

b. « Nouvelle »par ses agents


Si la « nouvelle évangélisation »est nouvelle dans ses méthodes, elle l’est également par ses agents. Dans le passé, ministres ordonnés et personnes engagées dans la vie consacrée étaient les principaux agents de l’évangélisation. Nous avons mieux compris depuis Vatican II la coresponsabilité dans la mission de l’ensemble des baptisés de nos communautés. Cette responsabilité est enracinée profondément dans la réalité baptismale; il n’est pas besoin d’un mandat de la part des pasteurs pour exercer cette responsabilité, comme on le croyait au temps de l’Action catholique. Mais pour être évangélisateur, il faut tout au moins être en processus d’évangélisation. On ne peut partager la Bonne Nouvelle à moins de l’avoir accueillie dans sa propre vie.

On retrouve cette idée de l’évangélisation du « semblable par le semblable », en particulier l’évangélisation des « jeunes par les jeunes ». Dans l’exhortation post-synodale sur la vocation et la mission des fidèles laïcs, Jean-Paul II insiste pour dire qu’il n’y a pas d’âge pour la mission. Dès l’enfance, où les plus jeunes sont « symboles du Règne de Dieu », jusqu’aux derniers moments, où les personnes agonisantes sont encore témoins du Mystère pascal, en passant par toutes les étapes de la vie humaine, les chrétiens sont appelés à être évangélisateurs dans une Église toute missionnaire[29].

Les organismes et mouvements catholiques sont souvent un lieu privilégié pour prendre conscience de la responsabilité missionnaire de tous les baptisés. De plus, ces mouvements qui insistent sur l’expérience communautaire offrent soutien à tous les membres de l’Église, conscients de leur responsabilité et qui s’engagent dans l’évangélisation. C’est dire que les ministres ordonnés et les religieux doivent reconnaître ne plus avoir l’exclusivité de l’activité évangélisatrice; il est important de reconnaître l’apport de l’ensemble des baptisés, hommes et femmes, dans cette activité pour laquelle notre Église a été rassemblée, apport essentiel si on veut comme Église relever les grands défis de la mission aujourd’hui.

c. « Nouvelle » par l’ardeur


La nouvelle évangélisation est enfin nouvelle par «l’ardeur ». Nous l’avons déjà dit : nos contemporains n’ont pas tant besoin de maîtres que de témoins. Les évangélisateurs doivent être des disciples authentiques, touchés par la Bonne Nouvelle, qui en vivent, qui en sont transformés, qui vivent de la paix et de la joie qu’elle produit. Faire l’expérience de la Bonne Nouvelle est un pré-requis à cette activité évangélisatrice.

4. La responsabilité des évêques et de la conférence épiscopale


Si cette responsabilité d’évangélisation incombe à tous les membres de la communauté ecclésiale, les évêques ont comme responsabilité d’éveiller l’ensemble des membres de l’Église à leur responsabilité, leur faire connaître l’évolution de notre Église sur sa façon de comprendre sa mission et de la réaliser. De plus, il faut former les pasteurs, les diacres et les membres des instituts de vie consacrée, conscients de ce nouveau contexte missionnaire, ouvrant la porte à l’apport de chacun des chrétiens.

Il est également important d’outiller les baptisés à relever les défis de la mission dans l’aujourd’hui de notre monde. Il est essentiel pour les baptisés d’être enracinés profondément dans leur foi chrétienne et d’être en mesure de vivre dans un monde caractérisé par le pluralisme. La forte présence d’autres philosophies et religions viennent questionner les catholiques. De plus, un très petit nombre de fidèles sont en mesure de rendre compte de l’espérance qui est en eux. Aux États-Unis, chez nos voisins, des enquêtes soulignent qu’environ 2 p. 100 des catholiques sont en mesure de verbaliser la foi qui les anime dans leur vie quotidienne.

De plus, les évêques ont une responsabilité dans l’image que nous donnons de notre Église dans nos médias. Bien sûr, les responsables des médias ont également leur responsabilité à ce niveau mais la conférence épiscopale dans ses prises de position doit être préoccupée de l’impact de ses interventions pour mettre en valeur la pertinence de la Bonne Nouvelle que nous offrons, pour souligner son caractère vivifiant. C’est un peu notre défi : comment exprimer les valeurs d’Évangile sans que cela sonne comme une répression.

Il est à noter également le ressentiment éprouvé par certains groupes face à notre Église : les jeunes, les femmes, les personnes d’orientation homosexuelle… Ces personnes se sentent invisibles dans l’Église. Ils se voient difficilement avoir une place dans la communauté. Nous avons encore une responsabilité pour communiquer le message d’inclusion à tous ces groupes, souvent marginalisés dans notre Église d’aujourd’hui.

Conclusion


Le but de notre mission est de collaborer avec l’Esprit du Christ ressuscité, déjà à l’œuvre dans notre monde, soutenant les personnes et les communautés dans leur marche vers la plénitude de ce Règne de Dieu, inauguré par le Christ, dans son mystère pascal. Les disciples du Christ, membres de l’Église, reconnaissent cette mission d’être symboles et artisans de ce Règne de Dieu dans le milieu qui est le leur.


[1] JEAN-PAUL II, La mission du Christ rédempteur, (1991) ch. III.

[2] Pour ceux qui ont fait leurs études en langue française, l’équivalent était de Gervais DUMEIGE, La foi catholique, Paris, Éditions de l’Orante, 1961. 2

[3] Gaudium et Spes, no 22. « puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal.

[4] JEAN-PAUL II, Dominum et Vivificantem, no 53 : « Mais (…) il n’est pas possible de se limiter aux deux mille ans écoulés depuis la naissance du Christ. Il faut remonter en arrière, embrasser aussi toute l’action de l’Esprit Saint avant le Christ – depuis le commencement – dans le monde entier et spécialement dans l’économie de l’Ancienne Alliance. Cette action, en effet, en tout lieu et en tout temps, même en tout homme, s’est accomplie selon l’éternel dessein de salut, dans lequel elle est étroitement unie au mystère de l’Incarnation et de la Rédemption ; ce mystère avait lui-même exercé son influence sur ceux qui croyaient au Christ à venir. La Lettre aux Éphésiens l’atteste de façon particulière (cf. Ep 1, 3-14). Ainsi la grâce comporte en même temps un caractère christologique et un caractère pneumatologique, qui se retrouvent surtout en ceux qui adhèrent explicitement au Christ : « En lui (dans le Christ)… vous avez été marqués d’un sceau par l’Esprit de la Promesse, cet Esprit Saint qui constitue les arrhes de notre héritage et prépare la rédemption du Peuple que Dieu s’est acquis (Ep l, 13-14) ».
Mais (…) nous devons aussi porter plus loin notre regard et avancer « vers le large », en sachant que « le vent souffle où il veut », selon l’image employée par Jésus dans la conversation avec Nicodème (cf. Jn 3, 8). Le Concile Vatican II, centré principalement sur le thème de l’Église, nous rappelle que l’Esprit Saint agit aussi « à l’extérieur »du corps visible de l’Église. Il parle justement de « tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce ».

[5] « La présence et l’activité de l’Esprit ne concernent pas seulement les individus, mais la société et l’histoire, les peuples, les cultures, les religions. En effet, l’Esprit se trouve à l’origine des idéaux nobles et des initiatives bonnes de l’humanité en marche ». JEAN- PAUL II, La mission du Rédempteur, no 28.

[6] « Toute prière authentique est suscitée par l’Esprit Saint, qui est mystérieusement présent au coeur de tout homme », Discours aux Cardinaux et à la Curie romaine, 22 décembre 1986, no 11 : AAS 79 (1987), p. 1089.

[7] La mission du Christ rédempteur, ch. II. Cf. également PAUL VI, Evangelii Nuntiandi, no 8 « Seul le Règne est donc absolu et il relativise tout ce qui n’est pas lui ».

[8] La mission du Christ rédempteur, no 13.

[9] Cf. La mission du Christ rédempteur, nos 14 et 15.

[10] La mission du Christ rédempteur, no 33.

[11] Cf. Claude CHAMPAGNE, La nouvelle Évangélisation: la pensée de Jean-Paul II, dans Kerygma, 26 (1992), pp. 247-270.

[12] Qu’on songe seulement à la vision inspirée par une compréhension très littérale du « Hors de l’Église, point de salut ». Plusieurs générations de missionnaires ont donné leur vie pour apporter lumière et salut à des gens qu’ils en croyaient privés.

[13] Lumen Gentium, no 1.

[14] La mission du Christ rédempteur, nos 19 et 20.

[15] La mission du Christ rédempteur, no 20.

[16] Ac 10-11.

[17] La mission du Christ rédempteur, no 20.

[18] Deux textes sont éclairants pour l’évangélisation des jeunes. Olivier FRÖHLICH, « Pour que notre joie soit complète »(1 Jn 1, 1-4), Proposer la foi aux jeunes, dans Une nouvelle chance pour l’Évangile, Vers une pastorale de l’engendrement, sous la direction de Philippe Bacq et Christoph Theobald, Lumen Vitae, Bruxelles, 2004, pp. 149-171. Timothy RADCLIFFE, « Avant même que Philippe ne t’appelle, alors que tu étais sous le figuier, je t’ai vu » (Jean 1, 48), Bruxelles-Toussaint 2006. On peut trouver ce dernier texte dans le site Internet.

[19] Cf. BENOÎT XVI, Deus est Caritas, no 18.

[20] Cf. sa première encyclique Ecclesiam Suam.

[21] Cf. G.S., no 44 : l’Église y reconnaît l’aide qu’elle reçoit du monde d’aujourd’hui.

[22] Dialogue et mission du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux (1991).

[23] Unitatis Redintegratio, no 11.

[24] Le dialogue que nous sommes invités à vivre se développe selon des formes et des expressions multiples. 1. Le dialogue de vie souligne que nous vivons dans un contexte de plus en plus pluraliste, côtoyant de plus en plus des membres des autres traditions religieuses. 2. Le dialogue d’action : ce témoignage des croyants dans la vie quotidienne, témoignage des valeurs qui nous animent et la collaboration au niveau social qui s’en suit. Les disciples de Jésus sont invités à collaborer pour le développement intégral des personnes avec les personnes des différents horizons. Ensemble, nous sommes appelés à lutter pour un monde de vérité, d’honnêteté et de justice. Pourquoi ne pas réaliser ensemble ce qui est possible de faire ? 3. Le dialogue comme communication des expériences spirituelles et enfin 4. L’échange entre experts ou représentants officiels, tant au niveau de l’œcuménisme chrétien qu’à celui du dialogue inter-religieux. Cf. Attitude de l’Église catholique devant les croyants des autres religions, Réflexions et orientations concernant le dialogue et la mission, du Secrétariat pour les non-chrétiens, 1984, nos 29-35.

[25] CONSEIL PONTIFICAL « JUSTICE ET PAIX », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 2005.

[26] JEAN-PAUL II , Christifideles laici, nos 36-44 : promouvoir la dignité de la personne, respecter le droit inviolable à la vie, s’engager pour la liberté religieuse et pour la famille, dans des formes de bénévolat, dans le monde politique, dans la vie socio-économique et culturelle.

[27] Intéressantes les réflexions de Philippe BACK, Vers une pastorale d’engendrement, dans Une nouvelle chance pour l’Évangile, sous la direction de Philippe Back et Christoph Theobald, Bruxelles, Lumen Vitae-Novalis, Editions de l’Atelier, 2004, pp. 23-28. L’A. distingue à la suite de la proposition de l’Évangile des « hommes et des femmes signes du Royaume »et les « disciples ». Plusieurs personnes ont accueilli la Bonne Nouvelle du Royaume sans nécessairement devenir des disciples du Christ. Ils l’ont mystérieusement rencontré en rencontrant les besoins du prochain (Mt 25). Jésus donne un surcroît d’existence sans demander à des gens de devenir disciples : le paralytique (Mc 2, 11), la femme atteinte d’un flux de sang (Mt 9, 22), le centurion dont la foi suscite l’admiration de Jésus (Mt 8, 10). Ces personnes n’en viennent jamais à nommer le Christ et reçoivent un surplus de vie, sans devenir membres de la communauté des disciples. Ils sont pourtant en marche, sous l’action de l’Esprit, vers la plénitude du Règne de Dieu.

[28] Cf. Jean-Marie DONEGANI, Inculturation et engendrement du croire, dans Une nouvelle chance pour l’Évangile, pp. 29-45. L’A. rappelle les importantes caractéristiques de notre monde : la sécularisation qui se caractérise par la désinstitutionnalisation de la référence religieuse et la pluralisation des identités religieuses, profondément marqués par le subjectivisme, le probabilisme et le relativisme.

[29] Christifideles laici, nos 45-50.

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