520 - Mars 2012
3 Février 2012 - 21 Février 2012

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DISCERNER DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR LE MINISTÈRE

Intervention du P. Général à l’Assemblée de la Province OMI Lacombe
Au cours des prochaines parutions d’Information OMI, nous publierons des extraits de cette conférence du Supérieur général, le 16 novembre 2011.

Première Partie

Je suis très heureux d’être parmi vous au Congrès OMI Lacombe Canada. Merci, Père John Malazdrewich, Provincial, et Madame Sandy Prather, Présidente de l’Assemblée, de m’avoir invité. Je viens dans une Province qui a comme origine plusieurs Provinces oblates antérieures, dont chacune a contribué de façon significative à l’histoire et au développement du Canada, à travers plus de 150 ans d’activité missionnaire intense. C’est un grand honneur pour moi d’être ici avec vous, je vous suis très reconnaissant pour cette occasion que vous m’offrez.

On m’a demandé de parler sur le sens de la mission oblate et l’appel à la conversion dans le contexte de votre thème: Attiser la Flamme; Discerner de nouvelles Orientations pour le Ministère. Je crois que nous grandissons tous dans la compréhension et la participation à ce que l’Esprit demande de nous dans cet Appel à la Conversion de notre dernier Chapitre.

J’aimerais parler de l’Appel à la Conversion comme du processus dynamique par lequel nous participons à la mission de Dieu et qui rend possible le discernement de la façon dont la Province OMI Lacombe va y participer, en tant que communauté de gens consacrés et d’Associé/es dans la mission de Dieu.

Je comprends l’Appel à la Conversion, lancé par le Chapitre Général de 2010, comme rien de moins que l’appel à embrasser l’Évangile lui-même et à devenir la nouvelle création (2 Cor. 5 :17) que nous avons été appelés à être. Nous voyons comment l’Évangile de Marc commence immédiatement avec Jean le Baptiste prêchant le changement du cœur et puis Jésus lui-même nous appelant à nous repentir et à croire à la Bonne Nouvelle (Marc 1 : 1-15). Le 35e Chapitre général nous a invités à accepter la même invitation de l’Évangile à nous repentir, à ouvrir largement les portes de nos vies pour recevoir la Bonne Nouvelle, Jésus Christ, à nous recevoir les uns les autres et les pauvres et les marginaux. Cet appel est prophétique (Mt. 16, 21-23) et nous réalisons qu’il peut nous mener là où nous ne voudrions pas aller (Jn.21,15-19). Ce peut être l’appel de quitter un domaine de péché pour nous ouvrir plus largement à la grâce. Cet Appel à la Conversion peut aussi être l’appel de quitter une vie bonne pour une vie sainte. En quelque sorte, nous sommes tous interpelés par l’Appel à la Conversion. Si nous osons répondre à cet Appel et à l’Évangile lui-même que Saint Eugène et le Chapitre nous demandent, notre participation à la mission de Dieu sera puissante et nos vies seront vraiment au service de l’Évangile, de l’Eglise et des pauvres.

Comment l’Appel à la Conversion fait-il vraiment partie de nos vies au service de la mission de Dieu? Il semble qu’il y ait un quadruple mouvement par lequel nous allons de plus en plus profondément dans le mystère de la grâce. Ces quatre mouvements sont (I) Se repentir, (II) Rencontrer Jésus, (III) Décider, et (IV) passer les frontières. 

I. En tout premier lieu, la conversion implique le repentir. La Conversion, cette grâce de Dieu, nous amène à reconnaître là où nous sommes paralysés par la faiblesse et le péché et qui nous stimule à désirer d’être changés et renouvelés. La repentance nous amène à grandir en cette liberté nécessaire pour suivre Jésus et vivre l’Évangile. Nous devons regarder sérieusement notre façon de vivre et notre ministère, à la lumière de l’Évangile, de nos CC& RR, et plus récemment, à l’Appel à la Conversion de notre Chapitre général, dans les diverses dimensions de nos vies: mission, vie communautaire, formation continue, leadership et utilisation des finances… Dans ces domaines nous trouvons tant de points qui demandent à grandir, changements et repentance.

Je mentionnerai trois domaines particuliers qu’il nous faut considérer comme domaines de repentance: premièrement, nous avons besoin de liberté intérieure pour accomplir la volonté de Dieu; en second lieu nous devons vivre seulement pour Dieu; troisièmement nous sommes appelés à créer, nourrir et approfondir la communion entre nous. 

A. LA LIBERTÉ

Nous sommes ensemble en tant que missionnaires pour parler de la mission de Dieu et de notre place dans cette mission. Pour moi, la question est : sommes-nous ou ne sommes-nous pas libres pour la mission de Dieu.
Un théologien, au Brésil, réfléchissait un jour, avec des personnes en formation, sur le vœu d’obéissance et la liberté. Il disait que nous sommes capables de faire la volonté de Dieu, seulement quand nous sommes intérieurement libres. Seule une personne libre peut être pleinement obéissante. Les religieux qui manquent de liberté intérieure ne peuvent pas être obéissantes parce que leur obéissance n’est que pure conformité à des directives.

Dans son enseignement, Jésus vise à une liberté intérieure radicale. Il enseigne qu’il nous faut perdre notre vie pour la sauver. Puis-je laisser aller ma vie? Il nous a dit que si nous sommes forcés de marcher un kilomètre, librement faisons-en davantage: deux par exemple! Si l’on nous frappe sur une joue, nous devrions présenter l’autre. Si l’on nous prend le manteau, nous devrions généreusement laisser aussi notre, la veste, le gilet, etc. La liberté radicale de Jésus est exprimée le plus fortement quand il dit: «Le Père m’aime pour cela: parce que je me dessaisi de ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l’enlève; je la donne librement» (Jean 10,17-18). Rappelez-vous le geste de l’évêque dans ‘Les Misérables’ quand la police lui amène l’homme qui a volé les chandeliers.

Nous nous sommes rassemblés comme Province, afin de discerner comment participer le mieux possible à la mission de Dieu. C’est essentiel que nous marchions sur la route de la liberté afin d’être capables d’entrer dans cette conversation. Nous voici rassemblés comme communauté apostolique, et nous demandons à l’Esprit Saint comment être au service de la mission de Dieu. Voilà comment rechercher la volonté de Dieu: prier, écouter la Parole de Dieu, les uns chez les autres, dans les Ecritures, dans l’Eglise et les pauvres, et décider enfin; tout cela demande une grande liberté intérieure, l’intégrité et l’honnêteté avec soi-même et avec les autres.

Je crois que nous avons ici un domaine de repentance que nous devons considérer. Notre manque de liberté intérieure et surtout si nous n’en sommes pas conscients, peut amoindrir sérieusement notre discernement. Nous sommes appelés à convertir notre individualisme en communion entre Oblats qui cherchent la Volonté de Dieu. Venir ensemble et demander à Dieu: “ quelles devraient être nos priorités?” discerner en toute liberté comment nous devrions répondre à l’invitation de Dieu à la mission, c’est une grâce redoutable de l’Esprit. Vous avez bien fait de choisir de faire ainsi. 

Questions:
  • Dans quelle mesure suis-je? sommes-nous libres?
  • Suis-je venu avec mes plans, mes attachements, et mes a priori non négociables?
  • Suis-je libre pour écouter la voix de Dieu, parlant de différentes manières?
  • Suis-je capable de communion, dans le respect, l’écoute et l’acceptation de l’autre?

Certainement nous arrivons avec passion et convictions sur où et comment nous, les Oblats devrions servir les pauvres aujourd’hui. C’est important d’échanger nos convictions et nos passions avec le groupe, comme moment du discernement. Il y a des différences entre le partage ouvert et franc de nos convictions et passions et l’insistance têtue pour faire passer notre opinion. 

La liberté de l’Évangile est nécessaire pour participer au discernement, avec confiance et ouverture et quand une décision est prise, pour abandonner ma vie et me rendre disponible à ce qui a été décidé.

À suivre...


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