525 - Septembre 2012
4 Juillet 2012 - 29 Août 2012

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CARDINAL GEORGE SE SOUVIENT DE SES RACINES OBLATES

Aux États-Unis, le dernier lundi du mois de mai, le congé du Memorial Day, était à l’origine, l’occasion de se souvenir et d’honorer ceux qui sont morts au service de leur pays. Mais actuellement, il est très semblable à la Commémoraison de tous les fidèles défunts, qui se vit dans l’Eglise, le 2 novembre. Les gens vont aux cimetières pour orner les tombes de leurs défunts, avec de magnifiques fleurs du printemps. Dans les colonnes du Catholic New World, la publication hebdomadaire de l’Archidiocèse de Chicago, le Cardinal Francis GEORGE, raconte le sens de cette célébration pour lui, en 2012, et se souvient de sa famille oblate.

Ce dernier Memorial Day, j’ai célébré la Messe à l’extérieur, au Cimetière catholique Queen of Heaven, au Sud. Il est tout à côté du Mount Carmel Catholic Cemetery, où l’Archevêque James Quigley (1903-1915) a construit la crypte où reposent la plupart des archevêques de Chicago.

Après la messe, célébrée pour tous ceux qui sont morts pour notre pays et pour tous ceux qui reposent en la terre bénite du Queen of Heaven, j’ai eu une discussion avec le directeur des cimetières, à propos du lieu où je souhaiterais être enterré. C’est un bon signe, il me semble que l’horizon de la mort se rapproche davantage de moi que je ne voudrais le croire. C’est aussi une question qui nous ramène à nos souvenirs personnels.

Le Memorial Day, nous nous souvenons, à juste titre, de tous ceux ont sacrifié leur vie pour défendre notre pays. Nous devrions aussi nous rappeler tous ceux qui ont survécu aux combats et qui vivent maintenant parmi nous, mais qui souffrent souvent de blessures de toute sorte, physiques et émotionnelles. La dure réalité de certains anciens combattants qui peinent à remonter la pente, à s’intégrer dans leur famille, à retrouver un travail stable et productif, devrait mobiliser notre attention. Nous leur devons beaucoup et le fait de nous souvenir d’eux, contribue à faire de leur bien-être, un enjeu national.

Mais le Memorial Day est aussi un temps pour nous souvenir de ceux de nos familles qui nous ont précédés dans la mort. Quand j’étais petit, les familles catholiques allaient encore régulièrement au cimetière. Cette année, les Cimetières catholiques de l’Archidiocèse de Chicago, où ceux avec lesquels nous avons partagé la foi au Christ sont enterrés, célèbrent 175 ans de service. Mes parents, grands parents, et quelques uns de mes arrière grands-parents sont enterrés dans divers cimetières de l’archidiocèse, avec de nombreuses tantes, oncles et cousins.

En printemps, ma mère plantait des géraniums rouges sur la tombe de sa mère, dans le cimetière de tous les Saints, à Des Plaines, et en automne, elle recouvrait, pour l’hiver, les tombes, avec des plantes vivaces. Les règlements pour les fleurs dans les cimetières ont changé, mais les prières que je dis sur la tombe de ma mère, là où repose son corps, près de celui de sa mère et de son mari, sont les mêmes qu’elle m’a apprises quand, petit garçon, elle m’amenait visiter le cimetière, où nous priions ensemble pour le repos éternel de ma grand-mère.

La visite des lieux du dernier repos, comme nous appelons parfois les tombes, nous invite à réfléchir à notre vie, entre le berceau et la tombe. La plupart d’entre nous ont probablement des souvenirs de familles nombreuses. Un évêque appartient toujours à l’Eglise qu’il gouverne au nom du Christ, car un évêque est marié avec son diocèse, et un changement représente toujours pour lui, une séparation douloureuse, car une partie de son cœur reste avec les gens qu’il a commencé par aimer.

Avant de devenir évêque, j’ai vécu dans une famille religieuse, les Missionnaire Oblats de Marie Immaculée. Je ne parle pas souvent en public de la vie de cette famille, puisque je n’ai plus vécu dans ma communauté religieuse depuis vingt ans. Mais ce que j’ai appris de la prière, de la communauté et de la mission de l’Eglise, comme Oblat de Marie Immaculée, a façonné ma façon de vivre tout autant que mon éducation dans ma famille naturelle, ici à Chicago, mon expérience comme évêque de Yakima (Wash.), ou encore dans l’archidiocèse de Portland, dans l’Orégon.

Je reçois régulièrement le Bulletin de nouvelles de la Maison générale des Oblats, à Rome qui raconte la vie de la Congrégation, à travers le monde. Comme beaucoup de Catholiques à Chicago, je vais directement à la section des défunts, afin de voir si quelqu’un, avec qui j’aurais étudié ou vécu dans les diverses communautés à travers le monde, est parti vers le Seigneur. Pour tous ceux qui sont morts, je célèbre une messe, comme je le fais, à la mort de chaque prêtre de l’archidiocèse. Dans le dernier numéro du Bulletin, j’ai appris la mort d’un homme que j’ai rencontré à diverses occasions, le P. Alexandre Kayser, OMI. Il était fragile de santé comme scolastique, il n’a donc pas été envoyé en dehors de France. Il est décédé à Strasbourg, France, à 108 ans, dans sa 89e année de vie religieuse et sa 83e année d’ordination. Le texte rapporte quelques unes de ses dernières paroles: «j’aime le Bon Dieu; j’aime la Vierge Marie; j’aime la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée.»

J’ai aussi lu des nouvelles d’autres membres de la famille oblate, y compris l’ordination du premier prêtre de la Province du Baloutchistan, au Pakistan, un Oblat, ordonné par le Vicaire Apostolique de Quetta, Mgr. Victo Gnanapragasam, OMI, avec qui j’ai étudié, comme scolastique à Rome. Quetta se trouve sur la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, et l’ordination était assombrie par le meurtre, quelques jours auparavant, d’un chrétien bien connu.

De Thaïlande, les nouvelles parlaient d’un Oblat que j’ai assez bien connu autrefois, qui actuellement partage la vie d’une tribu indigène birmane qui a passé la frontière et se trouve dans un camp depuis deux ans. Cet Oblat racontait ses efforts pour négocier un statut pour eux avec le gouvernement; ces discussions portent du fruit et la tribu serait proche d’une libération. Les Oblats de Guinée Bissau racontent comment eux et leur peuple s’en sortent, après le coup d’état récent. Un jeune Oblat du Lesotho – Afrique du Sud – décrit ses difficultés d’adaptation à la vie des Inuit, au Nord Canada, chez qui il a été récemment envoyé. Il y avait des nouvelles du Tchad, du Pérou, du Paraguay, du Guatemala, du Sénégal, des Philippines, d’Italie et du Texas!

Tout ceci me permet de me rappeler non seulement ma famille religieuse avec laquelle je n’ai, actuellement, que des contacts occasionnels, mais aussi les lieux que j’ai visités et les personnes qui ont fait partie de ma vie. Cela me rappelle que même un grand archidiocèse comme Chicago, dépend, pour sa vie, de la communion au grand réseau de l’Eglise catholique, dont il n’est finalement qu’une portion assez petite. Pour nous Catholiques, le contexte de notre vie et de notre mort, c’est le globe et, en définitive, le Royaume de Dieu.

C’est vrai, mais à la fin, il faut vous enterrer quelque part, dans un lot précis de terre. J’espère que je pourrai répondre à la question du lieu où cela se fera, avant que je ne dépende des Catholiques de l’archidiocèse pour venir prier sur ma tombe et me recommander au Seigneur. (The Catholic New World, June 3, 2012, www.catholicnewworld.com)



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