528 - Décembre 2012
29 Octobre 2012 - 29 Novembre 2012

Téléchargez

MERCI, PÈRE THÉOPHILE LE PAGE, 1927-2012

Le matin du 10 novembre 2012, P. Théophile LE PAGE, membre depuis longtemps de la Maison générale, a rejoint la communauté oblate du ciel. Il n’y a probablement pas d’Oblat actuellement vivant, qui n’ait été touché par son ministère puisque, pendant de nombreuses années, chaque exemplaire des bulletins oblats, chaque copie des Constitutions, ou des publications oblates venant de Rome, ont passé par ses mains d’«expéditeur général» de la Congrégation!

Nous ne connaissons pas les motivations qui ont conduit le jeune et beau garçon breton, qu’était Théophile Le Page, à commencer son noviciat chez les Oblats de Marie Immaculée, à la Brosse-Montceaux (France), le 7 septembre 1946. Un peu moins de 19 ans auparavant, le 21 septembre 1927, il avait vu le jour, dans la petite commune de Bolazec (diocèse de Quimper), qui à l’époque comptait moins de 1000 habitants.

Nous savons par contre ce qu’il écrivait au P. Leo DESCHÂTELETS Supérieur général, le 28 octobre 1953, peu de temps avant son premier départ pour le Cameroun, sa première obédience: «De Marseille, où tant de souvenirs nous rappellent la grande figure de notre vénéré fondateur, je viens, avant de m’embarquer pour le Cameroun, vous demander une dernière bénédiction pour que mon apostolat en cette mission oblate que vous m’avez dévolue, soit fécond et selon le cœur de Mgr de Mazenod. Notre Dame de la Garde qui a vu partir tant de ses fils Oblats nous protégera et nous soutiendra.» Il avait été ordonné prêtre le 15 février de la même année.

En 1964, à la suite d’une grave maladie, soignée en France, les médecins lui ont déconseillé de repartir au Cameroun, où il pourra cependant passer encore quelques mois, comme secrétaire personnel de Mgr Yves PLUMEY. Celui-ci, le 4 juin, écrivait ainsi au P. Jean DROUART, Assistant général: «Le Père Le Page va achever prochainement son séjour africain à Garoua. Il doit rentrer en France vers le 20 juin. Il a supporté le climat non sans mal, mais il a tenu courageusement, grâce à une discipline sévère.»

Le 15 janvier 1965, il reçoit son obédience pour la Maison générale, obédience que le P. Deschâtelets accompagne de ces mots: «En vous remettant aujourd’hui le document officiel de votre obédience pour notre Maison Générale, je suis heureux de vous offrir la plus cordiale bienvenue parmi nous… Ce changement, je le comprends bien, comporte pour vous de grands sacrifices puisqu’il vous arrache à ce champ d’apostolat du Cameroun que vous avez tant aimé, mais j’implore pour vous les grâces du Ciel pour que vous trouviez, dans vos nouvelles fonctions, beaucoup de consolation pour votre vie religieuse, sacerdotale et missionnaire. Gardez toujours bien haut votre idéal missionnaire et vos goûts pour la mission, car en venant travailler au centre de la Congrégation vous demeurez toujours missionnaire…»

À la Maison générale, il commencera par être Secrétaire général et puis Archiviste. Lui qui n’a jamais été un inconditionnel de l’informatique, fera partie du «Comité des Ordinateurs». Dans les dernières années, il s’occupera des expéditions, en particulier des bulletins du Service général des Communications, mais il aura aussi un œil vigilant sur les textes en français.

Personnellement, je l’avais connu à la fin des années soixante-dix, quand j’étais au Scolasticat International. Il m’apparaissait, dans les grands corridors du 290 Via Aurelia, comme un homme très réservé, parfois même grincheux, solitaire. Les notes du scolasticat de Solignac, de décembre 1952, le présentent en effet, comme “poli et de bonnes manières… caractère sensible; énergique et volontaire”, mais aussi “d’une timidité excessive… il s’est fort bien corrigé”. De mon côté, j’ai toujours soupçonné chez-lui une blessure à un moment donné de sa vie, jamais complètement guérie.

Durant ces neuf années de ma présence au Service des Communications, j’ai passé avec lui tant de temps, soit pour le travail, soit par amitié: tant de fois, à la même table, avec d’autres confrères qui le taquinaient, le provoquaient à sourire et faisaient venir à la surface cette part intelligente et vive, provocatrice et non alignée de son tempérament, capable de mordre avant de se faire mordre, mais de fait toujours à la recherche de la vérité. Le Père Le Page lisait en grande partie les productions oblates, l’un des rares à le faire. Il connaissait les écrits du Fondateur, l’histoire de la Congrégation et plus spécialement, celle de la Maison générale, à laquelle il a servi d’icône pendant plus de 47 ans. Ceux qui le rencontraient de nos jours, le trouvaient changé et plus ouvert.

Avant l’été de cette année, à cause d’un cancer, il a subi une opération de l’estomac. Dans les longs jours douloureux d’hôpital, il a montré une patience et une capacité à supporter la douleur qui nous a tous surpris. Dans les mois qui ont suivi et qu’il a passés à la maison, il n’a plus jamais été bien, mais il s’est toujours soucié de ne pas être un poids pour la communauté.

Permettez-moi un souvenir personnel qui me remplit encore le cœur de tendresse. À cause d’un blocage de la bile, le 2 octobre, Théophile a dû être reconduit à l’hôpital. Avec le P. Mauro CONCARDI, nous avons pensé que le P. Roberto SARTOR, Supérieur, suffisait à l’accompagner et nous nous promettions de lui rendre visite, quand «ce serait plus utile de lui tenir compagnie». Je travaillais à mon bureau quand je reçus un coup de fil de sa part, qui disait: «Voilà, je suis en train de partir.» J’ai senti qu’il demandait de l’aide et j’ai décidé de l’accompagner aux urgences de San Filippo Neri, où il a commencé par attendre 26 heures sur un brancard, avant de pouvoir être hospitalisé. Il ne reviendra plus à la maison et passera ses derniers jours à Villa Speranza, une clinique pour soins palliatifs. Les membres de la Maison générale, nous avons assuré auprès de lui une présence constante et fidèle. Le P. Fabio CIARDI y a célébré plusieurs fois la messe pour lui, et c’est là qu’il s’est éteint, au matin du 10 novembre, rendant le dernier soupir dans un sourire en direction du Supérieur et entre les bras de Joëlle Laure, de la famille française qui était devenue sa vraie famille.

Toute la communauté de la Maison générale s’est réunie autour de sa dépouille, pour le dernier adieu, le matin du 13 novembre. Le climat de profonde prière et les très belles paroles du P. Paolo ARCHIATI, Vicaire général, en ont fait un moment de Dieu.

Merci, Théophile! Ton expérience nous rappelle qu’à la fin de la vie, nous serons jugés sur l’amour. (P. Nino BUCCA, Directeur du Service des Communications Oblates)



Page 1 de 9»

36e Chapitre Général 2016
36e Chapitre Général 2016
Oblate Triennium
Oblate Triennium
Vocations OMI
Vocations OMI
Oblatio
Oblatio
Aix-en-Provence
Aix-en-Provence
Autres sites oblats
Autres sites oblats
Newsletter