530 - Février 2013
27 Décembre 2012 - 31 Janvier 2013

Téléchargez

ASIE-OCÉANIE

Finalement, une nouvelle maison pour le Seigneur

La paroisse de la Trinité, à Cengkareng, Jakarta, a été la première paroisse et la première mission que l’Archevêque de Jakarta a confiée aux Oblats australiens, en 1978, dans la capitale d’Indonésie. Actuellement, la paroisse compte plus de 20.000 personnes dont environ 6000 familles catholiques. Avec l’accroissement du nombre des paroissiens, l’église était toujours comble et parfois, il devenait difficile et malaisé pour les gens de participer aux célébrations. A certains jours, je pense au Triduum pascal et à Noël, les paroissiens devaient venir longtemps à l’avance, à l’église, s’ils voulaient avoir une place assise, sinon, ils devaient rester debout tout le temps de la liturgie. Ayant à l’esprit ces difficultés et compte tenu que beaucoup de nouvelles constructions se font autour de Cengkareng, cette paroisse oblate a pris l’initiative de construire une nouvelle église.

En 1999, la paroisse a acheté un terrain de 8.710m², à Garden City de Citra, pour construire une nouvelle église. En 2003, un Comité de Construction de l’église a été mis sur pied. Le Comité a entrepris des démarches administratives pour obtenir l’approbation gouvernementale.Ils ont aussi parlé de la nouvelle église avec les non-catholiques qui vivent dans le quartier. Après avoir attendu pendant 7 ans, le 18 janvier 2010, le gouvernement de Jakarta a finalement donné son accord. Sans perdre de temps, le comité a organisé la cérémonie de la pose de la première pierre, le 13 mars 2010. Malheureusement, le comité s’est heurté par la suite, à des sérieux obstacles de la part des gens du quartier. La construction a dû être retardée, une nouvelle fois. Après avoir attendu pendant environ un an, les travaux de la nouvelle église ont pu enfin commencer, le 31 janvier 2011.



Dieu a vraiment travaillé avec Son peuple pour construire Sa propre maison. La construction s’est passée sans difficultés. L’église a été inaugurée par le Gouverneur de Jakarta, le 8 septembre 2012. Le jour après l’inauguration, les messes ont pu être célébrées dans l’église, pour la première fois. Beaucoup de gens sont venus aux deux messes du dimanche, 9 septembre 2012. L’église n’était pas assez grande pour accueillir tous ceux qui, dans la joie et le recueillement, sont venus voir la nouvelle église.

Le 8 décembre 2012, fête de l’Immaculée Conception, l’Archevêque de Jakarta, Mgr. Ignatius Suharyo, a consacré la nouvelle église. Plus de mille personnes assistaient, alors que l’Archevêque, accompagné par le P. Yohanes Subagyo, Vicaire général de l’Archidiocèse, le P. Antonius RAJABANA, Provincial des Oblats d’Indonésie, et le P. Peter K. Subagyo STOLL, curé, ont célébré la messe. Dans son homélie, l’Archevêque a remercié tout le monde, en ces termes: «Un merci très sincère pour tous vos sacrifices qui ont permis la construction de cette nouvelle église et le développement de la paroisse de la Trinité. Tous vos sacrifices, nous le croyons, contribuent à enraciner notre Eglise et lui donnent de grandir en portant beaucoup de bons fruits.»

Un souffle de soulagement et de fierté remplit nos cœurs, en voyant l’achèvement de cette église: la Maison du Seigneur, notre rêve, est enfin ici, devant nos yeux. (Caraka Team)



Il y a 25 ans, le P. Michael Rodrigo, OMI, était assassiné

Le 10 novembre 2012, à Buttala, Sri Lanka, eut lieu la célébration du 25e anniversaire de l’assassinat du P.Michael RODRIGO.Mgr Norbert ANDRADI, d’Anuradhapura a présidé la concélébration de l’Eucharistie. Parmi les concélébrants se trouvait le P. Clement WAIDYASEKARA et le Provincial de la Province de Colombo, le P. Rohan SILVA.

Dans son homélie, l’évêque a dit ceci: “ Humainement parlant, nous sommes les témoins d’une circonstance très triste, mais d’un point de vue spirituel, c’est une occasion bénie. Nous participons dans la même Eucharistie dans laquelle la vie du P. Mike a trouvé son achèvement. Plutôt que de se conformer aux façons de faire de tout le monde, il a pris position pour les droits des opprimés, et il a montré le côté divin de leur vie, sans craindre les menaces et les accusations. Il cherchait constamment le type d’action qui lui permettrait d’engager totalement sa propre vie dans la vie des pauvres, plutôt que de fuir; il s’est ainsi préparé à ce que son sang soit versé dans le même calice dans lequel le sang eucharistique de Jésus se trouvait, quelques minutes auparavant. (Les balles l’ont atteint très peu de temps après la communion). Nous devons aller au-delà d’une simple commémoraison du P. Mike. Comme Oblats, nous devons nous demander quelle est la prochaine étape? Célébrations et réjouissances ne suffisent pas. Comment, comme disciples de Jésus Christ, vivre profondément en tant que disciples du P. Mike? Il a découvert des choses qui s’opposaient au plan de Dieu. Il a dû se débarrasser de beaucoup de choses afin de réaliser son but. Il a su que la croix oblate n’était pas une simple décoration. Ses convictions devraient nous provoquer aujourd’hui. Il n’était pas seulement un travailleur social. Il avait une profonde spiritualité centrée sur le mystère de l’Eucharistie. Comme pour le jeune homme riche, Jésus nous met aussi devant les mêmes exigences. Si nous voulions suivre Jésus nous devrions renoncer à nous-mêmes, prendre notre croix et marcher à sa suite.»

La célébration de l’Eucharistie s’est continuée par une rencontre, au cours de laquelle, un orateur choisi pour la circonstance, Mr. Mahinda Namal, qui s’est fait le propagateur de la spiritualité de libération, il a parlé ainsi à l’assemblée: «Aujourd’hui nous vivons dans une réalité qui aurait besoin de centaines de P.Mike. En réalité son assassinat a été politique. Dans la perspective de la foi, il s’agit d’un martyre. Il y avait deux aspects dans son ministère: l’indigénisation et la kénose. Pendant les soixante dernières années, l’indigénisation ce n’était qu’une mode et un décor. Pour le P.Mike, l’indigénisation n’était pas simplement l’adaptation de certains aspects de l’art local, décorations,vêtements et la liturgie; mais il s’agissait d’incarner l’enseignement chrétien dans la vie du peuple. Une indigénisation véritable implique de transmettre le contenu libérateur de l’Evangile aux cœurs des masses pauvres. A partir des années 70, la jeunesse du Sud du Sri Lanka s’est mise à la violence, non pas parce qu’ils l’aimaient, mais parce qu’ils ont pensé que la violence était le seul langage que les dirigeants comprenaient. Faisant allusion à la violence de juillet 1983, le P. Mike disait que les Tamouls souffraient beaucoup plus que les Singhalais. Nous appartenons tous à la même race, l’humanité. La violence raciste est une honte pour l’humanité. L’indigénisation du P. Mike ne contenait aucun racisme ni fanatisme religieux. Selon moi, l’importance du P. Mike ne réside pas tellement dans sa grande connaissance du Bouddhisme, mais dans son engagement à la cause des pauvres. Il représente en même temps le Christianisme et le Bouddhisme. Il disait que le Bouddhisme srilankais est un héritage national qui doit être protégé. Le second aspect de la personne de Mike est la kénose. Venant des hautes classes de la société de Colombo, il a sacrifié beaucoup de choses pour la noble cause des masses pauvres, pour lesquelles il cultivait une option préférentielle. Tout comme Jésus, nous aussi nous devons vivre notre exode et nous vider complètement de nous-mêmes. Se vider de soi-même, dans sa bouche ne voulait pas dire embrasser la pauvreté matérielle. C’était un abandon de tout désir, de tout attachement; ce qui donnait naissance à la pauvreté afin de l’éradiquer. Ce n’était pas un critique en fauteuil, mais quelqu’un qui a rejoint la base et qui s’est totalement identifié avec les pauvres. Il a choisi la région de la Basse Uva, pour son ministère afin de compenser pour les méfaits du Christianisme Colonial. Tout en apprenant, des villageois, les éléments d’agriculture et de la médecine par les plantes, il a essayé de les libérer de leur ignorance en élargissant leur horizon, et pour cela il mettait à leur disposition tout un ensemble de connaissances, ainsi que l’enseignement de l’anglais, comme langue véhiculaire. Où en est la société srilankaise, 25 ans après sa mort?»

Buttala s’est développé extérieurement, mais l’oppression d’une religion aliénante est toujours là. Aujourd’hui, la domination des multinationales prospère dans la région. Il n’y a pas de prix fixes pour les produits agricoles des villages. Les gens utilisent des engrais empoisonnés afin de survivre (quelque chose que le P.Mike détestait). Maltraitance des enfants, sexe prématuré, usage des drogues parmi les enfants galopent. Le fondamentalisme religieux et les fanatismes pullulent. La vie de famille est très bouleversée, à cause des valeurs proposées par les médias. Au lieu d’une vraie indigénisation, le soi-disant patriotisme superficiel augmente. Au lieu de l’oubli de soi, les gens se remplissent avec avidité. La conscience collective pour construire la société est remplacée par une spiritualité individualisée et consommatrice. En ce sens, le travail que le P. Mike a commencé n’est pas poursuivi aujourd’hui, sur la même longueur d’onde. Nous devons donc reprendre l’exode, sortir de nos ghettos, comme il l’a fait en terme d’indigénisation et de dépouillement de soi.

L’autre important point à l’ordre du jour était la présentation du premier numéro de Samvada (‘Dialogue’), une revue srilankaise oblate, consacrée au dialogue interreligieux. Le P. Claude PERERA, éditeur exécutif, a présenté le premier numéro àMgr. Andradi. Les étudiants de l’English Academy, du P. Michael Rodrigo, ont joué une pièce décrivant l’horrible réalité sociale à laquelle le P.Mike a dû faire face, durant sa vie. Le déjeuner a été servi à tous les présents. (P. Claude Perera, OMI)



«Page 3 de 5»

36e Chapitre Général 2016
36e Chapitre Général 2016
Oblate Triennium
Oblate Triennium
Vocations OMI
Vocations OMI
Oblatio
Oblatio
Aix-en-Provence
Aix-en-Provence
Autres sites oblats
Autres sites oblats
Newsletter