543 - Avril 2014
26 Février 2014 - 28 Mars 2014

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L’ÉGLISE, LIEU OÙ HABITE ET S’APPREND LA COMMUNION

P. Paolo Archiati, OMI, Vicaire Général

Dans notre parcours de réflexion sur la communauté, thème que nous avons choisi pour la première année de notre Triennium oblat, j’aimerais aujourd’hui vous inviter à réfléchir sur deux documents ecclésiaux de ces vingt dernières années. Ceci nous permettra d’élargir l’horizon au-delà des frontières du monde oblat, pour nous ajuster à la longueur d’onde de l’Église, dans laquelle et pour laquelle nous exerçons notre ministère.

Le premier document est La vie fraternelle en communauté de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. C’est un document de 1994 qu’il vaut la peine de reprendre pendant cette première année de réflexion sur la communauté oblate. J’aimerais vous inviter à relire en particulier les numéros 39 à 42. Cela pourrait se faire au cours d’une rencontre de communauté dans laquelle il vaudrait la peine, non seulement d’échanger, mais également de mettre au point certains éléments essentiels de la vie de communauté et de ses activités apostoliques.

J’aimerais m’arrêter en particulier sur une expression que nous trouvons au n°39, où il est question d’un «juste équilibre» entre deux aspects positifs, liés à la vie communautaire: le respect de la personne et le bien commun, les exigences et les nécessités de chacun et celles de la communauté, les charismes personnels et le projet apostolique de la communauté. Cet équilibre, souvent précaire, est toujours difficile, tant à atteindre qu’à maintenir; et cela, en évitant à la fois l’individualisme qui désagrège et le communautarisme qui nivelle. Ce sont des expressions du document, qui continue en définissant la communauté religieuse comme «le lieu où se fait le passage patient et quotidien du «moi» au «nous», de mon engagement à l’engagement confié à la communauté, de la recherche de «mes choses» à la recherche des «choses du Christ».

Il y a certainement ici matière à une réflexion sérieuse, pour un échange en communauté. Ce qui est mis en valeur dans ce paragraphe touche non seulement la vie de chaque personne, mais aussi ses relations réciproques et le projet apostolique, le ministère et le service confié à la communauté elle-même.

Le deuxième document sur lequel j’aimerais vous inviter à une réflexion et à un échange communautaire est la lettre apostolique de Jean-Paul II «Novo Millennio Ineunte», de 2001. Ce document peut faire l’objet de réflexions et d’échanges très intéressants concernant la communauté, surtout dans les numéros 43-45. Cette lettre apostolique est adressée évidemment à toute la chrétienté, mais il y a des aperçus qui trouvent un écho particulier et comportent un questionnement important pour la vie consacrée. Voilà ce que Jean-Paul II propose, au moment où l’Église s’apprête à passer le seuil du nouveau millénaire: «Faire de l’Église la maison et l’école de la communion: voilà le grand enjeu posé devant nous à l’entrée du millénaire qui commence, si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre aux attentes profondes du monde.» (43). Fidélité au dessein de Dieu et réponse aux attentes profondes du monde: n’est-ce pas deux aspects qui nous caractérisent comme Oblats de Marie Immaculée?

Dans les paroles qui suivent, le Pape développe ce point, en cherchant à expliquer ce que signifie dans le concret ce qu’il vient d’affirmer, en soulignant l’importance de promouvoir une spiritualité de la communion comme fondement, non seulement de la vie de communauté, mais également de toutes les relations que nous sommes appelés à nouer, entre nous et avec le prochain.

Ce texte m’a fait penser à une idée née durant le Chapitre de 1992 et qui figure dans le document correspondant: «Témoins en communauté apostolique». Je me souviens que pendant ce Chapitre on s’est rendu compte de l’importance de faire, dans notre famille oblate, un passage progressif, semblable à celui qui s’est fait au niveau international, dans un passé récent: passer de la dépendance à l’indépendance, et de l’indépendance à l’interdépendance. L’idée d’interdépendance a été accueillie très positivement et même avec une certaine euphorie. Mais en fait cette parole est presque toujours accompagnée, dans le document du Chapitre, par la parole «communion». Personnellement, j’étais convaincu, et je le suis encore aujourd’hui, que l’aboutissement de ce chemin est vraiment la communion. L’interdépendance, toute positive qu’elle soit, implique toujours une dépendance: réciproque d’accord, mais toujours une dépendance. La réalité de la communion, par contre, dépasse toute espèce de dépendance, parce qu’elle se fonde sur le concept du don.

Je trouve significatif le fait que Jean-Paul II puisse dire, dans le texte cité ci-dessus: «La spiritualité de la communion signifie avant tout un regard du cœur porté sur le mystère de la Trinité qui habite en nous, et dont la lumière se reflète aussi sur le visage des frères qui nous entourent». Dans la communion, qui plonge ses racines dans le mystère même de la Trinité, nous trouvons, non seulement la spiritualité, mais aussi le fondement théologique et existentiel de la vie communautaire et des rapports réciproques que nous sommes appelés à établir et à faire grandir entre nous, comme une véritable «activité missionnaire».


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