550 - Décembre 2014
1 Novembre 2014 - 5 Décembre 2014

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AFRIQUE-MADAGASCAR

Justice et Développement

Quand en Afrique on parle de ‘Justice’, on parle de ‘Développement’. ‘Justice pour le pauvres’ est une expression qui signifie très peu de choses, si elle n’est pas accompagnée de moyens tangibles qui permettent aux populations désavantagées de s’aider elles-mêmes à sortir de la pauvreté. Dans la Mission oblate du Zimbabwe, nous travaillons sur une question de justice très importante.

Au début juin, le Dr Brendan Ratcliffe, un médecin de la Province anglo-irlandaise, s’est mis pour trois mois à la disposition de la Mission St Luc, afin d’aider à conduire un programme pour prévenir la malnutrition. Au cours de cette période, il a dirigé 22 ateliers en 22 différentes communautés autour de St Luc. L’atelier voulait fournir aux communautés des façons de faire la cuisine pendant la période de la moisson, pour permettre aux communautés d’avoir suffisamment de nourriture pour leurs enfants pendant la période sèche et les périodes pauvres en nourriture. Il a aussi lancé un programme pour évaluer le nombre des enfants qui souffrent de malnutrition, ou qui risquent d’être mal nourris. Par de tels moyens, il a pu aider les communautés à déterminer leur propre niveau de risque, et ceci les a encouragés à se doter de moyens concrets pour les longs mois de saison sèche.

De plus, la communauté elle-même a forgé le concept d’« aide par les jardins communautaires », un moyen pour tenir le coup pendant les mois de sécheresse. Entre temps, et en réponse à leurs problèmes, les Programmes oblats de Développement et la Province anglo-irlandaise font des recherches de fonds pour forer cinq puits pour cinq communautés dont les bébés et les enfants sont les plus menacés de malnutrition.

Le Dr Brendan a été d’une aide immense pour les hôpitaux de la Province du Matabeleland. Le Directeur a demandé son aide pour réparer quelques instruments d’anesthésie qui étaient inutilisés depuis des années, à cause d’un manque de compétences techniques pour les réparer et les entretenir. De fait, à l’Hôpital Provincial du Tsholotsho, il y a eu un nombre de morts pendant les opérations, à cause d’un manque de machines d’anesthésie, ce qui désespérait les médecins de cet hôpital. Le Dr Brendan a pu réparer deux machines à l’Hôpital Provincial de Tsholotsho et deux à l’Hôpital Provincial St Luc. Cela peut sembler une simple tâche, mais la réparation de ces machines fait la différence entre la vie et la mort.

Justice pour les pauvres est et doit être une recherche qui conduit les gens à se développer eux-mêmes, en développant une pensée créative et intuitive. La résolution d’un problème commence d’abord et avant en changeant la façon d’aborder le problème en lui-même, de manière à lui enlever le pouvoir de nous submerger au point de ne plus pouvoir envisager de solution.

Le travail du Dr Brendan a fait faire un grand pas vers un changement de la mentalité de pauvreté qui perpétue la crise chez les pauvres. Il a cherché à aider les gens à ‘s’aider eux-mêmes’, à travers une éducation de participation.

Après avoir aidé les gens à sortir de la pauvreté, la prochaine étape doit être de les conduire à la foi au Christ et à l’Eglise. Notre aide apportée aux pauvres n’est pas l’œuvre d’une ONG. Notre relation doit conduire les gens au Christ. C’est l’évangélisation des pauvres! Nous garderons cela pour toujours à l’esprit ! (Charles RENSBURG)



La mission catholique à Masomeloka

Nous mesurons toute la dimension de notre engagement missionnaire lorsque nous partageons au quotidien la vie de la population de la région de Masomeloka. Nous côtoyons la pauvreté sous différentes facettes : elle peut être matérielle, intellectuelle, spirituelle et morale, entretenue par diverses polémiques culturelles, raciales et mêmes religieuses.

Cette région est une région fertile qui exporte ses nombreux produits par pirogues sur le canal des Pangalanes. En effet, tout autre moyen de communication et de déplacement est quasi impossible en raison du mauvais état des routes.

Pourquoi cette population est-elle pauvre? Quelles sont les solutions que l’Église peut apporter à ses problèmes? Comment peut-elle réaliser des projets de développement ?

Du point de vue économique, la population de Masomeloka vit de l’agriculture et de l’élevage, en utilisant des méthodes simples et traditionnelles. Il en est de même pour la pêche en mer et dans le canal des Pangalanes. Les ressources des habitants ne sont pas suffisantes pour faire vivre leur famille. Ils n’ont pas les moyens de prévoir des réserves. Chaque jour, ils cherchent de quoi manger; vivant au jour le jour ; ils restent constamment dans une situation de pauvreté matérielle.

Du point de vue social, les habitants de cette région sont pauvres parce que 97 % sont cultivateurs et pêcheurs. La croissance démographique augmente mais l’espace vital et la terre à travailler ne bougent pas. Alors naissent de graves conflits entre les familles et les voisins. 55 % des affaires traitées au tribunal à Mahanoro concernent les problèmes de patrimoine des habitants de Masomeloka. Cette situation dégrade la société et entraîne des conséquences néfastes telles que jalousie, rancune, vengeance semant l’insécurité et la peur. A cela s’ajoute le grand problème de la drogue pour les jeunes, sans oublier l’exploitation des faibles par les riches. Ceux-ci cherchent à profiter des gens illettrés en les faisant travailler dur pour un salaire de misère.

Du point de vue intellectuel, les jeunes qui ont eu la chance de faire des études choisissent de partir pour trouver du travail hors de leur région ; ils ne veulent plus y revenir à cause de cette mentalité qu’ils qualifient de «barbare» ou de «peu évoluée». Plus de 85 % de la population ne sait ni lire ni écrire. Il arrive même que dans certains villages, à la campagne, nous ne trouvions pas une seule personne pour diriger la prière ou tenir la fonction de catéchiste.

Devant tous ces problèmes, les chrétiens de Masomeloka ne veulent pas se décourager. Ils ont interpellé la mission catholique pour chercher avec eux des solutions car ils veulent sauver leur génération et leur avenir. Ensemble nous avons travaillé sur le projet de création et sur l’ouverture d’une école catholique dans la paroisse des OMI. Pour aboutir à la réalisation de ce projet, nous avons formé un groupe représentant tous les chrétiens de notre mission catholique. Nous avons organisé des réunions chaque premier vendredi du mois, pour prendre les décisions ensemble ; nous avons décidé de construire, avec des matériaux locaux, un bâtiment simple de 18 m de longueur et 8 m de largeur.

Nous nous sommes partagé les responsabilités pour faire les devis et trouver les personnes capables de nous aider à mener à bien ce projet. Les paroissiens voient enfin la réalisation d’un projet qu’ils attendaient depuis dix ans. La naissance de cette œuvre s’enracine dans la mouvance du Triennium des OMI qui invite les missionnaires Oblats à se convertir, à être à l’écoute de l’Esprit nouveau et à toute mission nouvelle. L’ouverture de cette école catholique est très importante pour l’Église et le bien du peuple de Masomeloka. Elle est une porte ouverte à la connaissance de la foi, de la sagesse et du savoir vivre. (Père François de Sales RATOVONIRINA dans Écho OMI Madagascar, novembre 2014)



Une Délégation “qui sort” évangéliser

Une lettre des Oblats de la Province Méditerranée et des Laïcs de la Famille oblate.

Le 22 novembre, nous sommes arrivés à Bissau, la capitale de la Guinée-Bissau. Nous sommes restés chez les Oblats, dans le quartier d’Antula. Ils y sont depuis 2010 et sont au service de la Paroisse St François d’Assise, fondée par les Franciscains portugais en 1988, qui compte 30.000 habitants, environ. Comme vous le savez, le curé c’est le P. Celso CORBIOLI, qui est aussi supérieur de la communauté; les vicaires sont les PP. Georges Pascal NDOUR, Giancarlo TODESCO – également trésorier du diocèse – et Carlo ANDOLFI, qui vient d’arriver à la communauté, après avoir passé dix ans comme responsable de la mission de Farim, la première mission en Guinée-Bissau.

Il faisait chaud, mais pas excessivement; le pire c’était l’humidité. Nous arrivions de la mission d’Elenkine, au sud du Sénégal, à l’embouchure de la Casamance. Du 18 au 20 novembre, a eu lieu la rencontre de la délégation, sur l’Île Karabane, qui fait partie de la paroisse d’Elenkine, desservie par nos Oblats. La majorité de membres de la Délégation étaient présents, à l’exception des scolastiques, absents pour des études et du ministère. Nous étions au moins 34 Oblats.

La Délégation est jeune, vivante et animée d’un fort esprit d’équipe et du désir de faire la mission. C’est un corps apostolique« qui sort », comme dirait le Pape François, et cela s’est vu par le fait que le 24 novembre, nous étions à Cacine, au sud du pays, une nouvelle mission de la Délégation. La présence de l’évêque du diocèse de Bafata, Mgr Pedro Carlos Zilli, dont fait partie Cacine, marquait le début officiel de l’aventure. Les pionniers sont les PP. Daniel MANE et Roberto GALLINA, qui depuis le début du mois y sont arrivés et vont être chargés de la première évangélisation.

Vendredi, 28 novembre, fête des Martyrs Oblats, nous étions de retour à Dakar, et nous avons eu l’occasion de visiter le Centre de Jeunesse, dans la nouvelle maison construite pour accueillir les jeunes de plus en plus nombreux (actuellement 12) qui demandent de vivre un temps de discernement vocationnel. Nous visiterons aussi la communauté du prénoviciat (19 prénovices), au Foyer du Front de Terre, quartier de la capitale. (P. Alberto GNEMMI, Provincial; p. Bruno FAVERO, Supérieur de la Délégation; p. Alberto Ruiz, Conseil provincial)



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36e Chapitre Général 2016
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