550 - Décembre 2014
1 Novembre 2014 - 5 Décembre 2014

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ASIE-OCÉANIE

Après 53 ans, toujours sur la brèche

Quand le scolastique Raymond BOURGOIN (membre de l’ancienne Province S. Jean Baptiste, Etats Unis) terminait sa licence en Philosophie, à la Grégorienne, en 1961, quelque chose de nouveau arrivait dans la formation oblate. Les scolastiques du «Premier monde» étaient invités à aller finir leurs études dans une nouvelle culture, où ils pourraient travailler comme missionnaires après leur ordination. Après ses vœux perpétuels, avec ses camarades de classe, à Roviano, Ray est parti pour Tokyo où il devait s’immerger dans le japonais et étudier la théologie pour son ordination en 1966. Dans le numéro de novembre des «News Notes» du Frère Augustin COTÉ, le Père Ray fait une sorte de synthèse de ces 53 ans de ministère après avoir quitté Rome.

Merci pour le dernier numéro. En regardant la liste de quelques uns des hommes vivant maintenant à Tewksbury, je vois la plupart des gars que j’ai connus à Buscksport ou à Bar Harbor et même à Rome, soit comme professeurs soit comme camarades de classe! Wow!

Tu demandes une mise à jour de mes expériences ici. Chaque soir, il me semble que ce jour était comme le jour précédent! Rien de nouveau sous le soleil! Je suis toujours encore le trésorier de la Délégation pour deux années encore, après quoi un plus jeune prendra la suite. Je le mets lentement au courant de ce qu’il y a à faire comme trésorier et il ressent déjà l’énormité du travail, même s’il est diplômé en économie, avant d’entrer chez les OMI. Il n’a que 40 ans et a déjà deux plein-temps qu’il aime beaucoup: directeur de notre plus grand jardin d’enfants et vicaire dans une paroisse. Je lui ai donc dit s’il a besoin de moi pour faire les boulots compliqués qui arrivent une ou deux fois par an, je suis d’accord de lui enlever quelques épines du pied. Il semblait content de ce que je lui disais.

Je suis aussi membre de l’équipe de ministère, c’est à dire 5 d’entre nous qui vivent tous dans la même maison, et desservent 5 paroisses en rotation, dans le même Préfecture civile. Nous travaillons en équipe pour pouvoir nous remplacer, etc. Dans la ville de Kochi, il y a deux paroisses. A trois heures à l’ouest, il y a une autre paroisse et à l’est, il y a deux paroisses, l’une est à un peu plus d’une heure et l’autre à un peu plus de deux heures. Naturellement pour moi, étant donné que j’ai arrêté de conduire il y a 3 ans, je voyage en train. Ceux qui conduisent économisent environ 15 minutes ou une demi-heure sur ce temps.

Je suis aussi le responsable de notre Bureau de Bénévoles qui trouve des gens pour aider dans le travail de bienfaisance. Trois fois par année, il se rend en divers collèges pour enseigner aux étudiants comment conduire un fauteuil roulant en aidant des handicapés et… qu’il n’y a pas d’ascenseur, évidemment. Nous imprimons aussi du matériel que les handicapés ont besoin pour leurs exercices.

Dans l’une de nos paroisses, nous avons un centre pour les victimes de violence domestique. Il fonctionne depuis 20 ans, lorsque le prêtre qui l’a fondé l’a mis en route. A cette époque de tels centres n’existaient pas du tout dans tout le Japon, ce fut quelque chose de tout nouveau. Les victimes venaient de partout au Japon à cette époque. Quand il est mort, il a fallu presque 5 ans pour le remettre en état pour recevoir d’autres femmes victimes de violences. Mais maintenant, beaucoup de tels centres prospèrent à travers tout le Japon et il semble qu’il n’y a plus besoin de celui que nous avons, les autres sont mieux équipés que le nôtre. Cependant, nous avons encore le bâtiment, et comme responsable, avec 8 autres administrateurs, nous nous rencontrerons pour voir à quel autre travail social il pourrait servir. Certains ont suggéré que nous en fassions un centre pour les maris battus. D’autres suggèrent que cela devienne un lieu pour les étrangers qui travaillent au Japon et qui ont besoin de logement et peut-être un cours de langue d’une heure par jour. Ils viennent surtout des Philippines et quelques autres pays. Ils ne savent pas où aller lorsqu’ils ont des problèmes légaux et autres.




Pastorale auprès de la jeunesse indigène

Le 03 août 2014, à la paroisse Our Lady of Salvation, à Timanan, Upi Sud, Maguindanao, le P. Jurambelle John SACIL a béni le Dortoir de Mazenod, pour les étudiants indigènes. Étudiants, bienfaiteurs, parents et autres invités étaient présents pour cet événement qui servit aussi à commémorer le 232e anniversaire de la naissance de St. Eugène de Mazenod.

L’ancien bunker a été transformé en dortoir, avec l’aide des bienfaiteurs des Philippines et des Etats Unis. Le dortoir peut accueillir 31 étudiants nécessiteux Teduray, l’une des composantes principales de la population indigène, au sud des Philippines. Ce sont des étudiants du niveau sept, à l’Ecole secondaire Nationale à Lumao, à environ 15 km de la paroisse.

Quatre-vingt pourcent de la population de Barangay Kuya appartient aux tribus indigènes Teduray, Lambanglan/Baleg et Manobo. Ils sont timides et pacifiques; ils vivent dans la région. Beaucoup d’entre eux sont illettrés et, à cause de la pauvreté, les enfants n’ont pas accès à l’éducation. Ajoutez à cela, l’éloignement de l’école de leurs lieux d’habitation, ce qui constitue un obstacle important parce que les enfants doivent traverser une rivière pour rejoindre l’école.

L’idée de construire ce dortoir pour la jeunesse indigène est née d’une conversation entre le curé de la paroisse de Timanan, le P. Dennis GUI, et quelques administrateurs de la région. Sous l’insistance du P. Gui, la paroisse oblate a mis en route le «Projet de Soutien au Peuple Indigène». Les étudiants bénéficient de la gratuité pour les repas, le logement et l’uniforme scolaire. Des légumes, cultivés sur la propriété voisine, améliorent l’ordinaire des étudiants.

Ce projet est le fruit d’un effort communautaire original. Les enseignants du Collège national de Lumao prennent en charge la gestion et la surveillance du dortoir. Les parents s’occupent des réparations de l’ancien bunker. Le gouvernement local, par le Maire adjoint et Capitaine de Barangay, a promis un soutien mensuel pour la nourriture des étudiants du dortoir, et la communauté ecclésiale récolte les fonds nécessaires.

St Eugène avait un faible dans son cœur pour la jeunesse à problèmes. C’est resté un héritage oblat, on le constate à la façon dont les fidèles de la paroisse d’Our Lady of Salvation, à Timanan répondent aux besoins éducatifs de la jeunesse. (Philippine Province Newsletter, Novembre 2014)



Faire connaître St Eugène à la population

En août 2014, la ville de Wennappuwa a donné le nom de St. Eugène de Mazenod, à l’une de ses rues. Le 1er novembre 2014, un pas de plus est fait pour faire connaître le Fondateur des Oblats à la population locale. Une statue du saint a été inaugurée à l’entrée de Nazareth, la communauté des Prédicateurs de Missions, sur la rue St Eugène de Mazenod.

Un bon nombre de personnes étaient présentes pour la bénédiction de la statue: des Soeurs de la Sainte Famille, des paroissiens de Wennappuwa, de tous âges, et plusieurs Oblats. Le Supérieur de la communauté des prédicateurs, le P. Sarath PERERA, et le P. Gamini SILVA, professeur d’Ecriture Sainte, ont parlé du Fondateur et de sa signification dans l’histoire de l’Eglise.

Après un petit temps de prière, le Provincial de la Province de Colombo, le P. Rohan SILVA, a dévoilé et béni la statue. Il a invité les personnes présentes à prier surtout pour l’unité des familles.

Dans la propriété de Nazareth, il y a aussi une nouvelle Grotte, réplique de celle de Lourdes. L’évêque oblat, Monseigneur Norbert ANDRADI d’Anuradhapura, a béni ce nouveau lieu de dévotion mariale. (Fr. S. Randil FERNANDO)



Le Juniorat (JOMI) a 60 ans!

L’histoire du juniorat des Oblats de Marie Immaculée (JOMI) remonte bien avant l’établissement de l’actuel séminaire. Dans une lettre du P. Gérard MONGEAU, Supérieur, au Très Révérend Michael J. O’Doherty, archevêque de Manille, datée du 5 février 1946, il demandait l’autorisation de commencer un projet pour «favoriser les vocations et former des garçons philippins comme futurs Oblats de Marie Immaculée.» La maison envisagée serait établie dans le district de Grace Park: «les quelques jeunes séminaristes y vivraient et recevraient une formation oblate, tout en suivant les cours au Séminaire San Jose.» De plus, le P. Mongeau proposait de «bâtir une petite chapelle avec des matériaux récupérés de l’Armée, c’est là que le travail pourrait commencer.»

En 1946, ce plan a été réalisé. La paroisse de Notre Dame de Grâce a été fondée et le P. Joseph BOYD en a été le premier curé. Les vocations au sacerdoce sont bien vite arrivées, comme le P. Francis McSORLEY le dit dans sa lettre au Supérieur Général, le P. Leo DESCHATELETS, en mars 1949. Il mentionne la rapide croissance du nombre des postulants. Les Oblats pouvaient prévoir que la masure de Quonset à Grace Park ne suffirait pas pour accueillir tous les élèves. Il fallait envisager la construction d’un nouveau juniorat ce qui fut fait sur la propriété du scolasticat de Notre Dame de l’Assomption, à Manille. Par la suite, le juniorat aura bien d’autres emplacements, en attendant l’actuel, à l’Université Notre Dame, à Cotabato City.

On note avec plaisir que sur les 77 Oblats philippins, en 2013, 51, c'est-à-dire le 66.23%, ont reçu leur formation au Juniorat et/ou au Séminaire. Ainsi, le cœur rempli de reconnaissance, le 60e anniversaire de la fondation du JOMI a été célébré le 24 août dernier, au Séminaire de Mazenod, Université Notre Dame, à Cotabato City.

Le P. Lauro DE GUIA, Provincial de la Province des Philippines, présidait la messe anniversaire; le P. Jose ANTE en était le prédicateur. Vint ensuite la visite d’une exposition de photos qui retraçait l’histoire du JOMI, basé sur les documents d’archive et une interview du P. Ante. Dans l’après-midi, le programme a continué avec des anciens séminaristes du JOMI, les bienfaiteurs, les enseignants, les Oblats Pères et Frères, les séminaristes et les parents.

A cette occasion, on fit aussi allusion au thème du jubilé des 75 ans de la Province des Philippines, et en particulier, «Se souvenir des commencements, Revivre les souvenirs, Espérer une formation éclatante et fructueuse.» (OMI Philippines Newsletter, November 2014)



Konkang “une école de haut vol»

Le vendredi, tôt le matin, nos enseignants doivent courir à l’école élémentaire voisine pour les cours d’anglais. «Bonjour, professeur», «Bonjour, les élèves»> c’est ainsi que commencent toutes les classes. Avec l’aide d’enseignants chinois, nous passons toute la matinée à visiter les différentes salles de classe, et faisons l’expérience de l’ardeur à apprendre et le sens de la discipline de cette jeune génération.

Les élèves se sont tous fait des petites cartes avec leur nom en anglais. Ils sont toujours accueillants et sautent de joie dans la cour, chaque fois qu’un groupe d’étudiants étrangers vient leur faire une brève visite ou vient jouer avec eux.

Tout ceci a commencé il y a deux ans quand nous sommes allés rencontrer le principal de l’école de Konkang (aéroport). Il y a environ 800 élèves, beaucoup de fils et filles d’immigrés venant des provinces; ils habitent dans six villages à l’entour. Nous leur offrons la possibilité d’enrichir leur connaissance de l’anglais et d’avoir des activités avec des étrangers. Par ces échanges de valeurs et de cultures différentes, tout le monde s’enrichit, et nous préparons ainsi un monde meilleur pour demain. Ces échanges ont eu au moins un effet: le rang enviable de cette école, dans la liste des écoles du district; «elle vole haut» et nous avec elle.



Au long des années, vivre avec le charisme oblat...

Les Oblates de Notre Dame sont une Congrégation religieuse de femmes, fondée à Cotabato City en 1956, par Mgr George DION et l’Archevêque Gerard MONGEAU, pionniers de la mission oblate, aux Philippines. Sr Stella Marie Llerin, OND, ancienne Supérieure générale, nous raconte ce que l’expérience lui a appris des Oblats de Marie Immaculée qui célèbrent 75 ans de présence dans ce pays-île.

L’Eglise locale de Kidapawan était desservie par les missionnaires étrangers, oblats. Comme enfant, ma mère m’a fait comprendre que ces prêtres sont BALAAN (Saints) parce qu’ils se sacrifient, ils quittent leur pays pour nous célébrer la messe et pardonner nos péchés. Plus tard j’ai découvert qu’ils ne célébraient pas seulement la messe ou pardonnait nos péchés, mais qu’ils jouaient aussi avec nous, visitaient les familles et savaient s’amuser. Les classes de catéchisme étaient gaies parce qu’à chaque réponse juste, nous avions un prix correspondant. Flores de Mayo (célébrations du mois de mai) étaient encore plus drôles parce qu’il y avait beaucoup de jeux, davantage de fromage, du pain et du lait en poudre à partager. Les OMI de Kidapawan étaient aussi connus pour leur style de vie ‘cowboy’. Il semblait qu’ils étaient toujours en route… à pied ou à cheval, pour atteindre les quartiers très éloignés. Je pense que c’est cette «force de cheval missionnaire» qui m’a amené chez les Oblates de Notre Dame où j’ai commencé mon aventure de cœur.

La Société des Oblates de Notre Dame est un héritage missionnaire dynamique de la présence des Oblats aux Philippines. Reconnaître le rôle des femmes dans l’Eglise est un événement ecclésial significatif; et cela non seulement pour compenser le manque de prêtres, mais pour participer à la mission de Dieu, comme disciples femmes, partageant le charisme des OMI, et toujours à la recherche des pauvres.

Les évêques Dion et Mongeau étaient connus pour leur zèle missionnaire exemplaire et leur compétence missionnaire. La passion de Mgr Dion pour la mission et la compassion de Mgr Mongeau pour les pauvres ont tissé un riche héritage de vie missionnaire avec lequel se mesurer…

Comme jeune religieuse, j’étais accompagnée par mon Directeur spirituel, le P. Tom LENERT et ensuite, le P. Chris O’LEARY. C’était une période d’idéalisme et d’altruisme, soufflant dans les vents de changement dans l’Eglise: défi de l’aggiornamento et dans la « First Quarter Storm»: une période de trouble et de manifestations contre le régime dictatorial du Président Marcos. Ces deux directeurs spirituels oblats m’ont enseigné comment nourrir un rêve, arrimer mes propres dons et parcourir les sentiers de la liberté. Ils m’ont accompagnée alors que je marchais sur des frontières dangereuses, faisant de dures écoles, faisant confiance aux chemins de l’Esprit de la mission.

L’esprit de communauté des Oblats et leur spontanéité rencontraient facilement la sensibilité des gens, tirant d’eux le meilleur, confirmant les laïcs qui réclamaient leur vraie place dans l’Eglise et partageant la passion oblate pour la mission. J’ai une grande admiration pour les Oblats, leur «dangereuse présence» dans la mission. Ils sont connus pour être les ‘spécialistes des missions difficiles’. Ils sont sur les marges de la société et dans les couloirs du pouvoir, s’efforçant de communiquer un message de paix, de justice, de sauvegarde de la création, d’harmonie. Les Oblats ont aussi des institutions puissantes et un réseau global de collaboration.

Après 75 ans, c’est important de souligner le silence, la gentille, lumineuse présence des Oblats plus âgés qui ont traversé les zones dangereuses de leurs temps et qui sont maintenant des témoins vivants, et des ressources de sagesse, pour la Mission oblate aux Philippines.

Comme Oblate de Notre Dame, je peux dire, à partir de notre expérience, ayant été nourries, entourées, et stimulées par de nombreux Oblats, en diverses situations, nous sommes profondément reconnaissantes d’avoir pu participer à ces 75 ans d’engagement missionnaire passionnant, aux Philippines. (http://www.omiphil.org/)



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