563 - Février 2016
8 Janvier 2016 - 8 Février 2016

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ASIE-OCÉANIE

Evêque dans le collimateur

Le 17 février 2016, Mgr Angelito R. LAMPON fêtera ses 18 ans d’épiscopat dans le Vicariat Apostolique de Jolo. En 1988, il est nommé Provincial, mais son second mandat a été interrompu en 1992, quand il a été élu Conseiller général pour la Région Asie-Océanie.

Vers la fin de son premier terme de Conseiller général, le 4 février 1997, Mgr Benjamin DE JESUS, évêque de Jolo a été assassiné. Le vide qu’il a laissé, comme Oblat simple et pacifique, a résonné fortement parmi les laïcs du Vicariat, chrétiens ou non.

Quand le P. Angelito est revenu à Rome, en novembre 1997, au retour d’une rencontre à San Antonio, le Supérieur général, le P. Marcello ZAGO, lui a dit: «Lito, le Vatican te cherche depuis deux semaines!» Le lendemain, le P. Lito est allé à la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. Après un accueil cordial,Mgr l’Archevêque Uhac, Secrétaire de la Congrégation lui a dit: «le Saint Père vous a nommé Evêque de Jolo, est-ce que vous acceptez?» Sa réponse immédiate a été:«Non, s’ils ont tuéMgr Ben de Jesus qui était un brave homme, ils me tueront aussi, si ce n’est pas dans deux semaines, peut-être dans deux ans.» La réponse de Mgr Uhac a été candide: «Oui, je comprends. C’est un appel au martyre.» Puis il ajouta:«Décidez-vous rapidement. Avec sa mauvaise santé, le Pape n’ordonne des évêques que le 6 janvier, à Rome, Fête de l’Epiphanie.»

Après plusieurs jours de discernement angoissé, le 6 décembre, le P. Lito a accepté la nomination du Pape. L’annonce en a été faite par Radio Vatican et Radio Veritas, le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, Patronne des Oblats. Il s’est dit que «le plan de Dieu est toujours le meilleur.»

L’évêque décrit sa mission dans le Vicariat Apostolique de Jolo (VAJ). «Ce Vicariat est comme une grande paroisse. Nous avons une Cathédrale et le reste ce sont des chapelles. L’administration n’est pas compliquée. Je n’ai aucun problème avec mes prêtres: quinze Oblats et deux diocésains. Ils sont ma joie. Leur style de vie est simple. Ils sont zélés et engagés dans leur mission. Les transports et les distances constituent ma principale difficulté. Il me faut au minimum de quatre à cinq heures pour aller de Jolo à Siasi, l’île la plus proche. Ensuite, il me faut de huit à dix heures pour Bongao. Cagayan de Mapun est la paroisse la plus éloignée. Par beau temps, le voyage prend 24 heures, en pleine mer, à bord d’un «lantsa» en bois. Par mauvais temps, il faut 48 heures ou une éternité. Durant ces 17 dernières années, Mgr Lito se souvient que trois bateaux ont coulé et ont disparu. Aller à Mapun et en revenir, signifie toujours risquer sa vie.

Les déplacements c’est la principale difficulté que rencontrent les missionnaires, à cause de la sécurité. Nous sommes fortement gardés par les militaires et ceci crée une sorte de contre témoignage. Cependant, après l’assassinat de Mgr Ben, du P. Benjie INOCENCIO (2000), du P. Rey RODA (2008) et de plusieurs de nos Leaders laïcs, nous sommes forcés d’avoir cette sécurité militaire. Les visites aux familles sont devenues difficiles. Chaque premier vendredi du mois, nous apportons encore la communion à environ trente personnes malades ou âgées, mais toujours escortés de deux marines, l’évêque étant le chauffeur.

Le dialogue interreligieux est un grand défi. Nous avons beaucoup d’amis musulmans, surtout parmi les anciens élèves de nos Ecoles Notre Dame ou qui sont bénéficiaires de nos plans d’habitation, mais il y a quelques groupes radicaux qui sont anti-chrétiens. Un jour, en revenant en voiture après la messe de 17 h, à la chapelle des Asturias, deux hommes, dans la trentaine se sont arrêtés et ont craché sur le sol, devant moi. Mais ce n’est pas quelque chose de neuf pour moi. Durant ces 17 années comme évêque de Jolo, sept fois, on a jeté une grenade dans la Cathédrale de Jolo. Il y eut quelques dommages au bâtiment, mais pas de blessés. La protection de Notre Dame duMont Carmel, Patronne de la Cathédrale, reste avec nous.

La qualité de vie de chaque Oblat marque les gens et l’Eglise comme telle. Nous vivons simplement, nous n’avons pas de voitures luxueuses. Dans les îles de Tawi-Tawi, nous ramons sur nos canots et prenons les bateaux à moteur publics. Notre programme est dicté par les hautes et basses marées. Nous essayons de servir les plus pauvres d’entre les pauvres. Le patrimoine du Vicariat est le patrimoine des pauvres.

Pour couronner le tout, l’évêque ajoute: «Accipe Oblationem Meam» (Accepte Seigneur l’offrande que je te fais de moi-même), c’est ma devise épiscopale: Oblat, oblation, offrande. Etre missionnaire, cela signifie être présent là où la vie est la plus menacée. Le courage à Sulu et à Tawi-Tawi ne signifie pas absence de peur, mais plutôt la conviction qu’il y a QUELQUE CHOSE de plus important en jeu que notre peur individuelle et ce QUELQUE CHOSE c’est la Mission de Jésus-Christ et son Eglise.

(Abrégé de OMI Philippines, décembre 2015)




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