567 - Juin 2016
11 Mai 2016 - 6 Juin 2016

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MISSION OBLATE AVEC LES MIGRANTS ET LES RÉFUGIÉS

Mission Oblate avec les Migrants et les Réfugiés


P. David Kumar ANTHONY, OMI


Situation des Migrants et des Réfugiés: les Oblats n’ont pas été indifférents!

Le pape saint Jean-Paul II, dans sa lettre du 25 juin 1982, adressée au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, décrit la misère des réfugiés comme étant «une blessure honteuse de nos temps». Il a été le premier pape à parler ouvertement ainsi du problème des réfugiés comme d’«un symptôme d’infirmité globale et une plaie purulente.» Il a osé mettre le doigt sur le problème des réfugiés: «De toutes les tragédies de nos jours, la plus grande peut-être, est-elle celle des réfugiés.»

Il a décrit une crise humanitaire alarmante d’aujourd’hui. Plus que toute autre catégorie, les réfugiés incarnent aujourd’hui la souffrance et le désespoir: persécution, torture, viol, assassinats, génocide, ambitions des nations, racisme, conflits politiques, persécutions religieuses, guerres et violations des droits humains les obligent à fuir leur pays ou à devenir des ‘déplacés internes’, à l’intérieur de leur propre pays. Ils ont été coupés de leur propre peuple, de leur histoire et de leur culture. Cette souffrance doit être un souci pour l’Église et pour les Oblats.

Comme Oblats, notre réponse au cri des réfugiés a été celle de la consolation. Depuis le début de notre Congrégation, saint Eugène de Mazenod, comme prêtre, s’est engagé à Marseille auprès des peuples déracinés, surtout auprès des Italiens, réfugiés économiques. Lui-même, comme réfugié politique en Italie, a compris ce que signifie être un réfugié. Devenu évêque, il a confié cette tâche aux PP. ALBINI, SEMERIA, ROLLERI, ZIRIO et GALLO, qui étaient d’origine italienne. (cf. G, COSENTINO, Storia della Provincia d’Italia: Ossia la Nostra Congregatione in Italia dai suoi inizi al 1950, Santa Maria a Vico, 1950, p. 21).

Dans les cinq régions: Canada--États-Unis, Amérique Latine, Afrique-Madagascar, Europe et Asie-Océanie, les Oblats sont engagés, de façons diverses, dans la pastorale des réfugiés et des migrants. C’est une dimension encourageante et enrichissante de notre vie oblate. Le souci des réfugiés et des migrants est compris dans notre Constitution 5: «La Congrégation est toute entière missionnaire. Son premier service dans l’Eglise est de faire connaître aux plus délaissés le Christ et son Royaume … Partout, en effet notre mission est d’aller d’abord vers ceux dont la condition réclame à grands cris une espérance et un salut que seul le Christ peut apporter en plénitude. Ce sont les pauvres aux multiples visages; nous leur donnons la préférence.»

Selon le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), le flot des réfugiés, vers le milieu de 2015, avait augmenté de 15,1 millions, le plus haut niveau en 20 ans. (Ref.

UNHCR Mid-Year Trends 2015, p.4). Le Haut-Commissaire pour les Réfugiés, Antonio Gutierrez, dit: "Ces déplacements forcés affectent maintenant profondément notre temps. Ils touchent la vie de millions de nos compagnons en humanité. Jamais il n’y eut un plus profond besoin de tolérance, de compassion et de solidarité avec les gens qui ont tout perdu.»


Magistère Catholique

Le problème des réfugiés implique des principes moraux et éthiques, relatifs à la dignité et aux droits fondamentaux de la personne humaine. Ces principes trouvent leurs racines dans l’Évangile. Le document de l’Eglise: «Réfugiés: un défi à la Solidarité»(1992) se termine par ces mots: « La tragédie de groupes et même de peuples entiers, forcés de partir en exil, est ressenti aujourd’hui comme une atteinte constante aux droits humains essentiels.»

L’engagement de l’Eglise s’attaque aux causes de l’existence des réfugiés et elle les accueille, bras ouverts, en particulier à partir du pape Léon XIII jusqu’à l’heure actuelle.

Il n’y avait pas d’enseignement clair sur les réfugiés au début du 18e siècle. La question des réfugiés était mêlée avec celle des migrants, en particulier des migrants européens vers l’Amérique. Pie XII a organisé et restructuré la pastorale des personnes déplacées et a publié, en 1952, le document Exul Familia, la Grande Charte de la Migration.

A la suite de Pie XII, le pape saint Jean XXIII a repris la question des réfugiés, en insistant sur le droit de chaque famille à immigrer quand elle n’arrive pas à satisfaire ses besoins de base, dans son propre pays. Vatican II parle des migrants en plusieurs documents. Les papes après le Concile ont beaucoup aidé la cause des réfugiés. Le bienheureux pape Paul VI a appelé tous les peuples à aider les réfugiés à retrouver leur dignité et leur liberté, et le pape saint Jean-Paul II en a appelé à la conscience du monde et à sa capacité de se solidariser avec eux.

Le pape Benoît XVI a fait appel à la communauté internationale pour se mobiliser en vue de la protection des réfugiés. Maintenant, le pape François appelle le monde à essuyer les lames des réfugiés et à leur donner abri et protection. Il a même donné l’exemple, en accueillant une famille de réfugiés au Vatican.

Le centre du message du magistère de l’Église est la dignité de la personne humaine, créée à l’image de Dieu. De cette dignité découlent des droits universels et inaliénables: «le droit à habiter librement dans son propre pays, le droit à avoir une patrie, de s’y déplacer et d’émigrer à l’étranger, ‘de s’établir dans un autre endroit pour des raisons légitimes’, ‘de vivre partout avec sa propre famille’, ‘d’avoir à sa disposition les biens nécessaires à la vie,’ ‘de sauvegarder et développer son patrimoine ethnique, culturel et linguistique’, ‘de professer publiquement sa propre religion’, ‘d’être reconnu et traité en accord avec sa dignité de personne en toute circonstance’, et ‘d’être objet de la solidarité fraternelle et d’option préférentielle.’ (PCPCMT, Chiesa e mobilita` umana (1985), p. 366, n. 17).

L’Église catholique endosse les efforts en vue de protéger et d’aider les réfugiés, qu’ils soient baptisés ou non, à cause de la mission reçue de son fondateur, le Christ lui-même (Mt. 25,35-40; 28,19-20; Lc.10,33-35). De plus, la fuite de la Sainte Famille de Nazareth en Égypte nous oblige moralement à intégrer la cause des réfugiés dans notre souci pastoral et notre compassion. Cette disposition de l’Église est implicite dans sa législation: «… le salut des âmes, qui doit toujours être la loi suprême dans l’Église, doit être présent en toute considération » (C. 1752).

L’Instruction "De pastorali migratorum cura” (1969), fait la liste des droits des gens déplacés, le droit à une patrie, à migrer avec sa famille, à garder sa propre langue et son héritage spirituel, et à bénéficier du service des prêtres qui ont une notion juste de leur condition.

Le document : "Réfugiés: Un défi à la Solidarité” détaille ce que le Magistère de l’Eglise dit sur les réfugiés. Il soutient une définition très large du réfugié: tous ceux qui fuient devant des situations qui mettent leur vie en danger. L’Instruction Erga migrantes, caritas Christi (2004) est la mise au point la plus récente de la réponse pastorale aux populations déplacées. Il reconnaît l’importance de la culture dans la migration forcée. Il identifie les divers agents pastoraux impliqués et ajoute les normes juridico-pastorales au service du souci spécial des réfugiés.


La réponse oblate

Personne ne mettra en doute que les réfugiés soient les plus abandonnés dans le monde d’aujourd’hui. Le service aux réfugiés est notre défi du moment, si nous sommes vrais envers notre charisme et notre mission. Nos Constitution et Règles continuent de nous provoquer avec force, soulignant que c’est notre obligation fondamentale d’aider à créer une société basée sur la dignité de la personne humaine ce qui, de droit et de fait, est nié aux réfugiés. Nous sommes questionnés par la Règle 9a: « Le ministère pour la Justice, la Paix et l’Intégrité de la création fait partie intégrante de l’évangélisation. L’action de l’Esprit, peut conduire certains Oblats à s’identifier aux pauvres, jusqu’à partager leur vie et leur engagement pour la cause de la justice; d’autres à se rendre présents là où se prennent les décisions qui affectent l’avenir du monde des pauvres.»

Comme Oblats, continuons donc à laisser nos vies être enrichies par les pauvres, les réfugiés et les migrants, qui sont sur les marges de la société (cf. Règle 8). Puissions-nous trouver une grande consolation et une grande force en reconnaissant le visage caché de Jésus, le Sauveur Crucifié, dans le visage défiguré des réfugiés et des migrants, nos chers frères et sœurs!




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